Choisir le prénom de votre enfant

Même si vous avez un prénom préféré depuis votre petite enfance, rien ne garantit que :

  • Il sera compatible avec le sexe de votre enfant (Zoé, pour un garçon, c’est bof)
  • Il sera compatible avec son nom de famille (Zoé Renault, c’est NON)
  • Il sera compatible avec les goûts de votre conjoint / son histoire (Zoé est le prénom de son ex)

Il va donc falloir vous creuser un peu la tête pour trouver LE prénom, et pas n’importe lequel : le bon. Après tout, il ne s’agit que de la décision qui va impacter toute la vie de votre enfant.

Si vous êtes un warrior, vous n’aurez pas peur d’avoir la surprise pour le sexe de votre bébé et de préparer deux fois plus de listes (remarquez, une liste ( <3 ) de plus n’est jamais mauvaise). Si d’avoir trop de choix vous effraie, attendez la deuxième écho pour commencer à réfléchir (si on vous annonce une fille, envisagez tout de même à la mini proba que ce soit finalement un petit farceur qui planquait son sexe sur la photo).

Vous pouvez vous armer d’un bouquin type 10.000 idées de prénoms et d’Internet, mais l’accessoire vraiment indispensable est un carnet ou un bloc-notes sur lequel vous noterez vos favoris. Votre conjoint fera le même boulot, et vous barrerez au fur et à mesure vos vetos respectifs (rien ne vous empêche de ressortir votre coup de cœur discrètement à intervalles réguliers). Idéalement, on se ballade avec son carnet sur soi pour noter les idées miracles qui vous viennent par surprise (et s’en vont aussi vite qu’elles sont venues).

A l’aide de ces deux listes (<3), vous devriez parvenir à une very short list (<3) contenant vos ultimes préférences et consensus mous. Vous avez le droit d’user de toute la mauvaise foi nécessaire et autres stratagèmes pour tâcher d’imposer votre choix mais souvenez-vous qu’il est préférable de valider le prénom à deux, surtout quand il s’agit de penser à tous les mauvais jeux de mots (Delphine est un joli prénom prêtant à des jeux de mots attendus et acceptables, sauf quand le nom de famille est Talaron) et associations d’idées (appeler votre enfant Kim ? Très bien sauf si vous vous appelez Jonguile) possibles.

Pensez que c’est pour toute la vie que votre enfant portera son prénom, y compris quand il devra envoyer un CV (oui un jour votre bébé sera grand et autonome et n’aura plus besoin de sa môman, il va falloir vous y préparer dès maintenant).

Si vous aimez un prénom qui est à la mode, ne vous empêchez pas d’appeler votre enfant ainsi  : même les prénoms les plus données aujourd’hui sont bien loin d’atteindre la somme des Nathalie, Stéphanie et Marie d’il y a quelques générations. En revanche, je vous conseille de ne pas choisir un prénom parce qu‘il est à la mode (pensez au phénomène Kevin – parler d’un kévin est presque passé dans le langage courant, et ce n’est pas exactement un terme laudatif).

Les écritures étrangères d’un prénom me semblent très acceptables, mais est–il vraiment nécessaire de réinventer son orthographe ? Un Y ou un H de plus ne rendront pas votre enfant unique (il sera unique parce qu’il sera merveilleux et que ça sera le vôtre). Demandez-vous si votre choix passerait la sélection du formidable Tumblr Prénom d’une pipe.

Vous pouvez faire votre choix sur une sonorité ou sur ce qu’il évoque pour vous (Hugo était le prénom de mon strip-teaseur préféré, je t’ai appelé comme ça en hommage à lui). Pensez tout de même que certains prénoms sont un poil chargés. Ce qui ne signifie pas que le prénom est interdit, mais simplement qu’il faut être conscient que Cassandre ou Œdipe peuvent être à lourds à porter (remarquez, il n’y a rien de tel pour apprendre à avoir de la répartie).

Après, tous les goûts sont dans la nature : très classique ou moins courant, ancien ou moderne, franco-français ou d’origine étrangère, etc.

Faut-il dévoiler le projet de prénom avant la naissance de l’enfant ? C’est à vous de voir, mais sachez que le divulguer permettra à chacun de juger votre choix. Après la naissance du bébé, les gens n’osent généralement plus émettre de critique négative, et se contentent d’un silence poli. Plus votre choix sera audacieux, et plus je vous recommande de rester discrets à ce propos.

En cas de gros gros désaccord avec votre conjoint, pensez que vous avez un tout petit délai pour vous décider, la déclaration en mairie devant être faite dans les trois jours après la naissance. Dans certaines maternités, parisiennes à ma connaissance, l’officier d’état civil se déplace directement. Ce sera le moment de vérifier que le prénom et son orthographe sont bien conformes à votre choix, les changements ultérieurs étant longs et coûteux.

En bref, quand on est parent, on a le droit de se planter sur plein de choses… mais pas sur le prénom de son enfant.