Se préparer à l’accouchement

C’est un fait : si vous êtes enceinte, il y a bien un moment où vous allez finir par accoucher. Que vous vous en fassiez une montagne ou que cela vous semble naturel, rappelez-vous que c’est un moment que toutes les mères ont vécu depuis le début de l’humanité, et jusqu’à récemment sans péridurale (les saintes femmes).

Comment se préparer au mieux pour se moment ?

En préambule, je suis assez ferme sur une donnée : on accouche dans une maternité, et pas chez soi (à la limite dans la voiture si on est un peu juste niveau timing). Même si on peut prévoir un accouchement à domicile, j’y suis personnellement totalement opposée car en cas de vrai problème, vous et votre enfant ne pourrez pas bénéficier de tous les soins possibles. Même si cela ne concerne qu’une infime minorité de cas (heureusement), ne prenez pas ce risque.

La préparation est de deux ordres et commence en général au septième mois de grossesse :

  • théorique : savoir comment se déroule un accouchement, quelles sont les contre-indications à la péridurale, etc.
  • pratique : se préparer physiquement à la naissance, pour faciliter la grossesse et/ou l’accouchement.

Le père est généralement le bienvenu lors de la préparation, même si on lui demandera parfois de sortir pour aborder des sujets qu’il n’aurait de toute façon pas eu envie d’entendre.

La préparation théorique est dispensée par des sages-femme, en libéral ou à la maternité. Vous pouvez tout aussi bien la suivre sur DVD (moins pratique cependant pour les questions/réponses). Certains thèmes spécifiques peuvent être abordés par d’autres professionnels : puériculteur (incroyable, ce mot n’existe pas au masculin ? Arrangeons ça immédiatement) pour ce qui concerne les soins de l’enfant, ou médecin anesthésiste pour l’analgésie. Profitez de cette préparation si elle a lieu en maternité pour vous approprier les lieux.

La préparation pratique peut prendre des formes diverses et variées (toutes ne sont pas remboursées, notamment en fonction de qui la dispense). A vous de voir ce qui vous convient le mieux… et ce qui est disponible près de chez vous/ dans vos créneaux horaires. Panorama non exhaustif de ce qui existe :

  • La respiration/ relaxation : souvent intégrées dans le cursus de préparation classique, entre des séances plus théoriques. Bonne nouvelle : la respiration petit chien, c’est so XXème siècle, vous n’aurez pas besoin d’y passer.
  • La préparation en piscine : vous n’aurez jamais vu autant de baleines d’un coup même au Marineland d’Antibes. Pour de vrai, se jeter à l’eau est assez agréable quand on se rapproche du quintal.
  • L’haptonomie : attention, cette préparation débute au 4ème mois de grossesse et se déroule en présence impérative des deux parents. Mon mari était un peu sceptique en ce qui concerne cette « science de l’affectivité » qui vise à développer les liens entre les parents et l’enfant, mais il lui a été très vite agréable d’apprendre à communiquer avec son bébé dans mon ventre (en mode Toc toc toc, qui est là ?). Nous avons laissé de côté certains éléments de la préparation que nous trouvions trop intimes ou mystiques mais avons globalement beaucoup apprécié cette démarche, qui permet d’impliquer fortement les deux parents ET de se préparer en temps que couple à la parentalité.
  • L’acupuncture : veillez à trouver un spécialiste qui a l’habitude de travailler avec des femmes enceintes, par exemple recommandé par la maternité. L’acupuncture peut également aider à soulager vos maux de grossesse (à condition de ne pas avoir peur des aiguilles…). Et si rien n’est prouvé scientifiquement, elle pourrait vous aider en fin de grossesse si le bébé ne se présente pas correctement, par exemple s’il est en siège. Pour moi, ça a fonctionné (mais par souci de transparence je précise que j’en suis encore au stade où je prends de l’homéopathie pour soigner mes bobos).
  • L’ostéopathie : même chose que pour l’acupuncture : ne laissez pas n’importe qui vous manipuler (surtout si vous entendez par la suite lui confier votre bébé). L’ostéopathie pourra notamment soulager vos douleurs dorsales et ligamentaires.

NB : après l’accouchement j’ai vu une kiné-ostéopathe pour la rééducation périnéale, qui m’a expliqué qu’il me fallait impérativement faire de l’ostéo (avec elle, au prix fort) sous peine de finir incontinents moi et ma descendance pendant 7 générations. J’étais moyennement convaincue mais me disais ne pas risquer grand-chose Résultat, cette connasse charlatan incompétente m’a bousillé le dos. Ecoutez votre instinct et n’hésitez pas à refuser les soins et/ou prendre un double avis en cas de doute. 

Vous trouverez d’autres type de préparation que je n’ai pas testés :

  • Le yoga : exercices de respiration et relaxation – attention, la pratique du yoga est déconseillée pendant les trois premiers mois de grossesse
  • La sophrologie : relaxation et concentration ayant pour objectif de lâcher prise sur sa conscience pour atteindre un état proche du sommeil (pragmatiques s’abstenir)
  • L’hypnose : ibid
  • Le chant prénatal (aucun lien avec les baleines, a priori)

Avez-vous testé d’autres méthodes de préparation ? En avez-vous été convaincu(e)(s) ?

Choisir sa maternité

Vous êtes enceinte et il est temps de penser à choisir votre maternité.

Mais « il est temps », c’est quand ? Tout dépend de votre lieu d’habitation et de l’attractivité de la maternité choisie : certaines sont très demandées et affichent rapidement complet.

Donc en gros, si vous voulez LA maternité près de chez vous en région parisienne, (pré-)inscrivez-vous dès que possible lorsque vous découvrez votre grossesse  ; si vous êtes dans un coin plus calme en lorgnant sur un immense CHU, vous avez quelques mois avant de passer à l’action. Le mieux en cas de doute est de poser la question à votre gynéco ou directement à la maternité .

En premier lieu, pensez à la distance qu’il vous faudra parcourir pour atteindre les locaux, ainsi qu’au temps de trajet (traverser l’agglomération en heure de pointe n’est pas forcément l’idée du siècle).

Il existe trois types de maternités : I, II et III selon les dispositifs médicaux existants. Grosso modo, le type I est suffisant pour les accouchements normaux, par voie basse ou en césarienne (en cas de problème un transfert peut toujours être organisé évidemment) ; le II est indispensable en cas de grossesse à risque ; le III comporte un service de réanimation néo-natale.

Les maternités peuvent être publiques ou privées ; dans ce dernier cas, renseignez-vous en amont sur les tarifs et la hauteur de la prise en charge des frais par votre mutuelle histoire de ne pas risquer l’infarctus juste après l’accouchement. Les avantages du privé : vous pourrez (théoriquement) choisir qui vous accouche, et le confort y est optimal (repas, chambre individuelle…). Les cliniques privées sont le plus souvent des maternité de niveau I.

Vérifiez en amont la composition de l’équipe médicale : sage-femme, aide-soignant, gynécologue obstétricien, anesthésiste-réanimateur et pédiatre en sont la base (même si vous ne verrez peut-être que les deux premiers profils). Je vous recommande de choisir une maternité dans laquelle les trois types de médecins sont présents 24 heures sur 24, ce qui dépend directement du nombre d’accouchements réalisés à l’année dans une maternité (pour les maternités où moins de 1500 accouchements sont réalisés par an, ils sont d’astreinte et doivent tout de même être disponibles en moins de 20 minutes en cas de besoin).

Ce critère me semble bien plus important que les deux précédents. Pour ma part, j’ai choisi une « grande » maternité, publique et de type II. C’était parfait (sauf les 35 heures de travail… je vous raconterai un jour) (après votre propre accouchement de préférence).

Après viennent d’autres critères, plus idéologiques ou relevant de questions de confort ou praticité. Oui, certaines maternités publiques sont vétustes, les repas y sont médiocres : enfin on vient là pour accoucher, pas en vacances, et si vous n’aimez pas la nourriture, profitez-en pour vous faire livrer des sushis à par vos proches à chaque repas (il est temps de se venger de 9 mois d’abstinence). Si cela est important pour vous, vérifiez que des chambres individuelles sont disponibles, et le cas échéant que le papa peut rester avec vous. Tip : s’il y a un nombre de chambres individuelles limité, entre la patiente pénible et la polie et sympa qui en réclame une, devinez à qui elle sera attribuée ?

Un autre aspect me semble plus important : vous souhaitez absolument allaiter, ou au contraire le refusez catégoriquement. J’aimerais croire qu’au XXIème siècle ce choix relève de chaque femme et qu’elle est soutenue quelle que soit sa décision par l’équipe médicale. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas dans un sens ou dans l’autre. Essayez de vous renseigner sur la « politique » de la maternité en la matière, sachant qu’en fin de compte ce sont des individus qui seront face à vous et que vous pourrez toujours avoir une bonne ou mauvaise surprise.

Dans la même veine, vous pouvez vous renseigner sur le taux d’épisiotomies et de césariennes réalisées annuellement, afin de savoir si vous avez affaire à une équipe qui coupe systématiquement ou essaye de trouver d’autres solutions avant de trancher dans le vif , sachant que parfois des césariennes dites « de confort » peuvent également être réalisées à la demande de la mère – si vous souhaitez accoucher ainsi, posez la question en amont.

Enfin certaines maternités proposent des services notamment de préparation à l’accouchement plus ou moins développés : cours d’aquagym pour la préparation, baignoire disponible sur place pour vous aider durant le travail, etc.

Quel que soit votre choix (ou votre non-choix si vous vous réveillez un peu tard), tâchez d’avoir un état d’esprit positif et rappelez-vous que le plus important sera bien d’accoucher en bonne santé (ou bien prise en charge) d’un bébé en bonne santé (ou bien pris en charge). Le reste n’est que littérature.

Se faciliter les démarches administratives

Si tel Thomas Thévenoud* vous êtes allergique aux démarches administratives, j’ai une bonne nouvelle pour vous : avec la naissance de votre enfant, vous allez être obligé de vous y mettre pour de vrai (à moins que vous teniez à ne pas inscrire votre enfant à la sécu ou vous couper d’alllocs, si vous y avez droit…).

Pendant la grossesse, vous aurez un certain nombre de démarches à faire type sécu/CAF/employeur. Je vous conseille de garder dans un dossier tous les documents, y compris une copie de courriers que vous avez envoyés avec la date d’envoi (bien que JAMAIS un organisme ne perde ce type d’échange, hein, bien sûr). Bon là c’est encore plutôt facile.

Le niveau expert, c’est après la naissance : là il faut tirer vite et bien.

Quels sont les démarches à effectuer ?

Dans les trois jours :

  • La déclaration en mairie, sauf si un officier d’état civil passe dans votre maternité (attention, hors Paris intra muros c’est plutôt rare à ma connaissance). Vérifiez bien que l’état civil de votre enfant est correct, tout changement ultérieur sera pénible et coûteux. Si vous accouchez dans une autre commune que la vôtre, repérez en amont l’adresse et les horaires d’ouverture de la mairie histoire de vous éviter une déconvenue… vous récupérerez alors des actes de naissance, utiles voire indispensables pour les autres démarches.

Et sans tarder :

  • La demande de rattachement sécurité sociale. Pensez à mettre à jour votre carte vitale dans la foulée.
  • CAF : la déclaration en ligne est possible si vous êtes déjà allocataire.
  • Employeurs des deux parents pour faire valoir vos droits respectifs
  • Mutuelle : anticipez avant la naissance à quelle(s) mutuelle(s) vous affilierez votre enfant, si vous en avez tous les deux une (coût adhésion « famille » versus remboursement)

Éventuellement et selon votre situation, prévoyez les autres démarches type crèche : dans ma commune, le délai est d’une semaine après la naissance pour finaliser l’inscription.

Pour se faciliter la vie après la naissance (aka ce moment où quand votre bébé sera tranquille, vous aurez envie de tout sauf de vous coltiner de la paperasse), vous pouvez pré-remplir les formulaires à votre disposition, préparer les enveloppes pré-timbrées et afficher une to do list avec échéances associées pour le papa qui fera les premières démarches – au minimum pour la mairie en tout cas.

Si à la lecture de cet article, vous n’êtes pas pris d’une phobie administrative, je vous félicite. Si vous l’êtes : respirez un grand coup, tout va bien se passer.

* triste exemple de politicien ayant traversé l’an de grâce 2014 en étoile filante

Gérer les nausées

Il n’y a pas de justice en ce bas-monde, vous le savez depuis longtemps.

En ce qui concerne les nausées de grossesse, c’est pareil.

Il y a celles qui passeront au travers.

Il y a celles qui en auront, un peu à beaucoup, lors du premier trimestre de grossesse.

Et il y a celles qui gerberont tripes et boyaux jusqu’à la Délivrance (rassurez-vous, c’est rarissime, mais courrez brûler un cierge pour ne pas faire partie de cette catégorie).

Globalement,  il faut retenir qu’on peut prévenir plus que guérir les nausées de grossesse et qu’elles se produisent généralement dans deux cas : lorsqu’on a l’estomac trop vide, ou trop plein. La fatigue, le stress peuvent également aggraver ces symptômes.

Conclusion : faites l’écureuil, mangez peu mais souvent, ou mangez à votre appétit en sachant vous arrêter avant de passer le point de non-retour ; ayez toujours quelque chose (d’agréable) à manger sous la main. Et REPOSEZ-VOUS un maximum, physiquement et moralement.

Lorsque vous commencez à ressentir une nausée, n’attendez pas d’avoir l’estomac au bord des lèvres pour agir mais faites-le IMMÉDIATEMENT. Plus vous attendez, plus il sera compliqué de faire passer cette nausée.

Ainsi, si vous vous savez sujette aux nausées matinales, prévoyez quelque chose à grignoter avant de mettre le pied hors de lit. Sis-tip : enceinte on a souvent envie de pipi de façon urgente, donc n’attendez pas que votre compagnon vous prépare amoureusement un plateau petit-déj tous les matins, mais préparez votre en-cas la veille au soir.

Que manger (le matin mais aussi le reste du temps) ? Il faut du simple, du transportable mais aussi moins facile : quelque chose qui vous fasse envie (si possible) ou en tout cas ne vous dégoûte pas.

Vous penserez donc tout naturellement  senteur fraîches type agrumes, gingembre plutôt que cassoulet ; à vous de trouver ce qui vous convient le mieux en matière d’aliments solides ou liquides. Les fruits secs et noix ne sont pas mal non plus (s’ils vous soulagent, les M&M’s peuvent être inclus dans cette liste, mais je ne garantis rien contre une éventuelle prise de poids). Pour moi, une cranberry séchée toute les demi-heures était suffisante… et nécessaire.

Soyez donc à l’affût de ce qui plait, avant tout.

Vous pouvez également essayer d’ouvrir grand les fenêtres (ah, le bonheur de rouler par grand froid la vitre ouverte) ou tâcher de vous projeter dans un environnement apaisant olfactivement : un pré, la montagne sous la neige plutôt que l’arrière-cuisine d’un resto chinois.

Enfin, prévenir, ça va dire qu’il faut anticiper les cas dramatiques (ayez TOUJOURS un vomi-bag dans votre sac ou dans votre bagnole) (et à portée IMMÉDIATE de main, hein). Même si vous ne faites que frôler l’incident, la présence rassurante (<3) du vomi-bag vous soulagera. Quitte à vomir n’importe où et n’importe quand, autant vomir dignement.