Comment survivre aux nuits de votre bébé

Ou plutôt comment survivre aux nuits fragmentées, ou à l’absence de nuits de votre bébé ? Dans la liste des nombreuses injustices qui touchent à la parentalité, on pourra ajouter « nourrisson qui dort 6 heures d’affilée au sortir de la maternité » (malheureusement, ce modèle rare n’est pas disponible sur commande) versus le reste du monde.

En préambule :

Faut-il dormir dans la même chambre que son enfant (quand on a le choix, s’entend) ? A vous de voir. Pour ma part, je pense qu’il est pratique d’avoir son bébé vraiment sous la main quand on allaite et qu’on a pour cela besoin que de ses nichons ; un enfant nourri au biberon (y compris s’il s’agit de biberons de lait maternel) peut très bien dormir dans sa chambre. Pour cela, habituez-le à y faire la sieste, par exemple ; faites-en un endroit agréable, ce n’est pas une punition de dormir chacun de son côté. S’il reste avec vous, prévoyez un stock de boules Quiès, les nourrissons font un boucan dingue quand ils dorment, ça sera dommage que le vôtre vous empêche encore plus de dormir.

D’ailleurs, boules Quiès ou chambre à lui, pas d’inquiétude à avoir, je vous garantis que vous l’entendrez lorsqu’il vous appellera,  sauf si vous dormez à la cave et lui au grenier (ou l’inverse), auquel cas un baby-phone pourra vous être utile.

Pensez à vous équiper d’une veilleuse ou autre loupiote très douce pour ne pas vous éblouir avec une lumière trop forte lors des réveils nocturnes, ce qui devrait vous permettre de vous rendormir plus facilement.

Enfin, essayez de lui apprendre dès tout petit la différence entre le jour et la nuit, l’objectif étant de lui montrer que la nuit on ne fait pas la java (ou alors on la fait tout seul en laissant dormir ses parents). Pour cela, lorsqu’il dort en journée, ne tirez pas les rideaux et ne fermez pas les volets, et faites du bruit normalement, y compris s’il s’agit de passer l’aspirateur et que la porte de sa chambre n’est pas fermée (dans sa chambre directement, j’avoue que je n’ai jamais osé).

Dans quel lit votre enfant va-t-il dormir ? Le « grand » lit à barreau est peut-être encore un peu grand pour lui. Un berceau, voire la nacelle de la poussette, sont largement suffisants dans un premier temps. Si vous ne disposez que d’un grand lit et que votre enfant semble angoissé au moment du coucher, vous pouvez réduire son espace à l’aide du coussin d’allaitement.

  • Si vous allaitez : 

Un berceau cododo me semble être le bon plan (crash-test à venir après la naissance de Numérobis).  L’idée : que vous n’ayez pas besoin de vous lever, ni de faire se lever votre conjoint. Vous collez directement l’enfant à votre nichon (au pire, vous vous redressez pour le rapprocher), et pouvez poursuivre votre roupillon pendant qu’il se nourrit. Pensez à vous équiper de votre coussin d’allaitement à portée de main pour vous caler confortablement, et trouvez la position qui vous conviendra à tous les deux. Le bémol : si la tétée dure trop longtemps (par hasard, si vous vous êtes rendormie), elle peut abîmer votre poitrine. N’hésitez pas à bien la soigner à l’aide de crèmes y compris en préventif.

Cette méthode fonctionne aussi directement dans votre lit (je l’ai expérimenté pour mon premier à l’heure de MA sieste), mais cela comportant des risques de mort subite pour l’enfant, je ne tenterai pas le Diable pour une nuit complète.

Si votre enfant à son propre lit, vous pouvez demander à votre conjoint de vous amener votre bébé pour que vous n’ayez pas besoin de vous lever, ou pas systématiquement besoin de vous lever.

Enfin allaiter donne soif, veillez à avoir toujours une bouteille d’eau (et remplie, SVP) à portée de main.

  • Si vous n’allaitez pas, ou pas tout le temps : 

Votre conjoint peut bosser autant que vous la nuit, n’hésitez pas à le faire se lever également et ce même s’il bosse et pas vous, sauf si vous avez envie de ressembler à un Walking Dead sous peu.

Préparez tout ce qui peut l’être afin de vous simplifier le boulot : biberon pré-rempli d’eau à la bonne quantité avant votre coucher, et à côté dosettes de lait en poudre également préparées en amont. Compter les mesurettes lorsqu’on est à moitié endormi est un coup à se louper et/ou à recommencer trois fois (ce qui signifie de précieuses secondes de sommeil perdues à jamais).

Si votre enfant boit son lait froid ou tiède, c’est tout bénéf, profitez-en ; s’il boit chaud et que votre maison est un manoir de dix-huit pièces, installez un micro-ondes ou un chauffe-biberon dans sa chambre. Quoique si vous avez un manoir de dix-huit pièces, vous êtes sans doute Céline Dion et disposez d’une batterie de nounous qui assurent à votre place, donc laissez-les faire sans vous poser de question.

D’un point de vue théorique, vous êtes prêts pour passer les meilleures nuits possibles… en plus, n’oubliez pas de brûler un cierge et de faire gaffe à votre karma, histoire de mettre toutes les chances de votre côté.