Avant j’avais des principes (une éducation)

Bien avant d’avoir des enfants, je savais que l’éducation que je leur donnerais viserait à deux grands objectifs : en faire des enfants heureux, et des adultes autonomes. Je n’ai finalement pour l’instant pas vraiment changé d’avis, si ce n’est que j’ai de plus en plus à l’idée que le bonheur que j’estimais être l’objet d’un choix est avant tout une question d’éducation. Des adultes autonomes et heureux, c’est encore mieux.

Comment y parvenir ? Je suis intimement convaincue qu’un enfant, pour bien grandir, a besoin de deux choses : de l’amour, et un cadre.

De l’amour, ou de l’Amour. Inconditionnel. Je dis et je répète à mes enfants que je les aime. Tous les soirs, quand je couche mon grand petit garçon, je lui chuchote des mots doux à l’oreille. Je lui raconte comme nous l’avons attendu et avons été heureux de faire sa connaissance, à quel point il nous emplit de joie chaque jour, et comme nous sommes heureux de l’avoir dans notre vie. Il ferme alors les yeux mais je sens à quel point son attention est vive, totalement concentré sur mes paroles ; s’il était chat, il en ronronnerait de plaisir.

Quand il est pénible, qu’il a fait une grosse bêtise ou autre, je lui rappelle qu’on peut être fâchés, énervés etc., mais que nous l’aimerons toujours – ce qui n’est pas incompatible avec le fait d’être exigeants avec lui.

Nous veillons également à lui donner un cadre. J’adore quand il dit spontanément « merci beaucoup » (et quand il ajoute « au reouar », l’air de dire j’en ai marre j’me casse <3). On essaie de lui apprendre à respecter la parole de l’autre : on écoute ce que tu as à nous dire dans un instant, mais d’abord je vais finir ce que j’étais en train de raconter. Mon idée n’est pas tant de lui apprendre à apprendre, que de lui indiquer comment on vit en société. Respecter les autres et se faire respecter également. Comme j’ai été fière de mon minot, le jour où je l’ai vu repousser sans agressivité mais fermement un enfant qui tentait de lui faucher sa tétine dans la bouche !

Je veille également à ce que ce cadre soit adapté à son âge et à son développement. Qu’il sache suivre les règles pour suivre les règles ne m’intéresse pas tellement. Chez nous, tout ce qui n’est pas interdit est autorisé, parfois avec conditions (OK pour sauter sur le canapé, mais pas près du bord ; OK pour manger avec les doigts, mais on se lave les mains après). Et globalement, ce qui est interdit, c’est ce qui est dangereux pour lui – ou ce pourquoi lui est dangereux. Mais après tout, s’il joue avec la télécommande, ou veut lire une revue d’adultes (je n’ai pas dit une revue adulte, hein) : pourquoi pas ? A force de poser mille interdits, d’une part je trouve que l’on empêche l’enfant de faire des découvertes (qui en général ne l’intéressent d’ailleurs pas plus que quelques instants), mais d’autre part on se fatigue tellement à poser tant de restrictions ET à les faire respecter.

Nous restons extrêmement fermes sur certains aspects – ce qui me vient à l’esprit chez nous : la sécurité, ne pas taper les autres – mais restons très souples en général. Ça aide tout de même beaucoup, beaucoup à rester zen au quotidien.

(la prochaine fois on parlera de valeurs. Et bien qu’il s’agisse d’un sujet d’actualité, on sera sans doute loin de valeurs actuelles)

Edit : à la relecture de 5h du matin, on a toujours les idées plus claires. Je réalise que je suis passée trop vite ou à côté de plein d’éléments importants pour moi, mais on aura bien le temps d’y revenir ensemble un jour, n’est ce pas ? :)