Comment se préparer au mieux à l’allaitement ?

Vous avez envie d’allaiter, ou en tout cas vous avez envie d’essayer. C’est super !, comme ils disent à ma maternité (ils disent aussi « C’est super ! » aux femmes qui ne souhaitent pas allaiter – je les aime).

Il faut savoir que l’allaitement est parfois facile et naturel, et parfois… beaucoup moins. Voici quelques conseils pour vous y préparer au mieux.

Tout d’abord, au niveau équipement, vous aurez besoin de :

  • Vous informer

Le site le plus complet et sérieux en la matière, bien que certainement un peu partial, est celui de la Leche League. Je vous conseille de vous y reporter avant l’accouchement mais aussi après si vous rencontrez des difficultés, les professionnels de santé en France étant loin (et même très loin) d’être tous bien formés à la question de l’allaitement.

Globalement, il faut retenir qu’allaiter est un choix qui ne revient qu’à vous, et que hormis cas rarissime, toutes les femmes peuvent allaiter. Si cela vous tient à cœur et que l’allaitement ne se déroule pas aussi facilement que prévu, n’hésitez pas à vous faire aider – et l’avoir prévu en amont facilite les choses.

A contrario, vous avez parfaitement le droit de changer d’avis. De jeunes parents,  après deux jours sans parvenir à nourrir leur nourrisson au sein, préfèrent passer au biberon. La maternité le leur a refusé pour les encourager dans l’allaitement (cette histoire s’est passée au XXIème siècle, je sais, ça surprend), le papa finissant par aller chercher des biberons en loucedé.

En bref, vous ferez bien comme vous le sentirez le moment venu mais en cas de difficulté, faites-vous aider par quelqu’un de compétent en la matière.

En vous informant, vous apprendrez en outre qu’il n’est pas nécessaire (hors cas médicaux, cf. ci-dessous) de préparer vos seins à l’allaitement par des manipulations physiques et que si du colostrum s’écoule de vos seins durant votre grossesse, c’est normal (et que s’il ne s’en écoule pas, c’est normal également).

  • Vêtements compatibles allaitement

Vous pouvez vous faire plaisir sur des sites spécialisés (Envie de Fraises que je pense être le meilleur rapport qualité/prix, Émoi Émoi pas encore testé mais apparemment plus haut de gamme, etc.) ou bricoler avec les moyens du bord : en superposant un débardeur et un autre haut un peu lâches ou une chemise, par exemple. Après la naissance de mon fils, j’ai utilisé des vêtements spécialisés et aussi recyclé des chemises d’avant, c’était parfait et ça m’a évité la déprime de m’habiller avec les mêmes hauts pendant le temps de l’allaitement. Dans tous les cas, éviter les robes ultra près du corps trois trous est un bon début.

Dans tous les cas, vous ne couperez pas au soutien-gorge d’allaitement. Idéalement il faudrait attendre la montée de lait pour en acheter en connaissant la nouvelle taille de vos nichons (une chose est sûre, ils n’auront JAMAIS été aussi gros). Mais  personnellement, il m’était inimaginable de ne pas me préparer à 100% avant l’accouchement, j’en avais donc acheté en amont et en prévoyant un peu de marge. Indispensable également, la brassière ou un modèle de soutien-gorge sans baleine pour la nuit. Vos seins vont couler, et il est particulièrement désagréable de se réveiller dans une mare de lait.

  • Coussinets d’allaitement

LE combo indispensable avec le soutien-gorge contre les seins qui coulent, à utiliser à toute heure du jour et de la nuit donc. Ils existent en jetables ou lavables, c’est cette dernière option que j’ai choisie : achetez-en au moins 2 ou 3 paires pour être tranquille selon votre rythme de lessive. J’avais notamment choisi ce modèle chez ApiNapi, il en existe d’autres par exemple sur les Tendances d’Emma. Épais ou fins, je n’ai pas vu de différence fondamentale, l’essentiel étant qu’ils comportent une face imperméable et une autre plus absorbante dans un tissu plus doux. Et le doux est nécessaire, car vos seins risquent d’être malmenés.

NB : je m’étais également procuré des coquilles d’allaitement, mais très sincèrement je n’en ai pas bien compris l’intérêt.

  • Pommade ou crème contre les crevasses

Vous n’en aurez peut-être aucune (un peu comme pour les vergetures, c’est la roulette russe) mais en préventif ou en curatif le soin échéant, je vous conseille la crème Castor Equi (aucun castor n’a été blessé durant la fabrication du produit) qui est aussi grasse qu’efficace.

  • Du savon sans savon

Inutile de vous récurer la poitrine à la javel. Un savon sans savon au PH neutre, voire surgras si possible, sera parfait pour vous nettoyer sans agresser votre peau, et particulièrement la peau sensible de votre poitrine.

  • Un coussin d’allaitement

Pas parfaitement indispensable… mais tellement confortable qu’un peu indispensable quand même. Je le recommande dès la grossesse, à tous les parents – il est aussi parfait pour s’y lover pour dormir lorsqu’on est encombrée par son ventre et pour donner le biberon que pour allaiter. Je privilégie les modèles à billes, plus confortables selon moi que les modèles à rembourrage classique type oreiller.

Et de façon plus dispensable…

  • Protège-mamelons

Si l’allaitement est difficile, il est possible que vous ayez les seins extrêmement abîmés, voire en sang (nulle besoin que votre nouveau-né soit pourvu de dents de Dracula pour ça). Si vous souhaitez poursuivre l’allaitement, vous pourrez utiliser des protèges-mamelons, qui sont toutefois déconseillés si tout se passe bien car ils modifient la sensation de succion éprouvée par votre enfant.

  • Forme-mamelons

Dans le cas où vous avez des mamelons plats ou ombiliqués, on vous recommandera d’en porter au cours de votre grossesse. Pas de retour d’expérience en la matière mais je ne peux que vous conseiller de vous adresser à votre médecin ou votre sage-femme si vous pensez être concernée.

  • Tisane d’allaitement

En théorie, il faut boire trois litres par jour lorsqu’on allaite. Bon courage. Le tisane d’allaitement permet de varier les plaisirs et de stimuler la production de lait (la bière aussi, parait-il, mais c’est nettement moins recommandé).

  • Homéopathie

Pour favoriser la montée de lait. Efficacité non prouvée non scientifiquement, mais je fais partie de ces gens qui ont toujours envie de jouer au loto les vendredi 13 (et oublient de le faire).

  • Tire-lait / sac congélation

Le gros problème de l’allaitement, c’est que vous êtes condamnée, oui vous Madame, à être scotchée à votre bébé 24/24. Même quand on aime très fort son enfant ET qu’on l’allaite, on a parfois envie de prendre le large 2 heures, de se taper une soirée picole entre potes, de reprendre le boulot, ou même simplement d’une vraie nuit de sommeil. Pour remédier à cela, l’accessoire magique est le tire-lait qui vous permet de stocker d’avance le(s) prochain(s) repas de votre enfant. Si vous souhaitez bosser en quantité industrielle ou plusieurs jours à l’avance, des sacs congélation vous seront bien utiles (sis-tip : nul besoin de tout acheter dans une même marque, je roulais en combo Avent/Medela) ; autrement un bib au frigo et voguez vers la liberté. Il existe un vaste choix de modèles manuels ou électriques, vous pouvez également en louer en pharmacie. Vérifiez dans tous les cas que l’allaitement vous convient avant d’investir.

Avec tout ça vous devriez être parfaitement préparée à l’allaitement mais je vous préviens : c’est maintenant que les choses sérieuses commencent !

To be continued

Nourrir son nouveau-né

En général, on éviter de donner à son nouveau-né du steak-frites. Qu’il soit artificiel ou produit par vos nichons, vous le nourrirez avec du lait, autrement dit vous l’allaiterez – voilà ce que vous pourrez répondre aux vieilles rombières qui ne manqueront pas de vous demander « vous le nourrissez ? » entre deux réponses type « oh non je le laisse de démerder » ou « oui, une fois tous les deux jours ».

Par facilité, utilisons tout de même le terme d’allaitement pour ce qui concerne la production maison. En préambule, j’ai allaité mon fils et compte allaiter mon second enfant, mais je suis convaincue que le plus important est d’avoir en tant que mère un choix absolu en la matière. L’idéal est que votre conjoint, même s’il a une préférence en la matière, vous soutienne à 100% une fois votre décision prise.

Le seul cas où le lait maternel est apparemment nettement supérieur au lait artificiel est celui des très grands prématurés. Or l’allaitement est inévitablement très compliqué (ne serait-ce que d’un point de vue logistique) dans une telle situation. Parlez-en avec l’équipe médicale si vous êtes concernée. Si vous ne l’êtes pas, et que vous êtes vous-même prête à allaiter, vous pouvez envisager de faire don de votre lait – si tout va bien, d’ici quelques semaines je serai en mesure de vous faire un retour sur la question.

Vous ne trouverez pas ici d’arguments du type l’allaitement renforce le lien mère/enfant ou le biberon permet au père d’être plus proche de son bébé : le nourrisson n’étant pas un petit chat, je suis intimement convaincue que les relations entres les parents et l’enfant se tissent autrement que par savoir qui distribue les croquettes lui donne à manger.

En facteur de l’allaitement :

  • Pratique, on peut dégainer n’importe où ;
  • Economique ;
  • Excellent pour la santé – les bébés allaités seraient plus résistants, bénéficiant des anticorps de la mère, et présenteraient moins de risques d’allergie ;
  • La perte de poids après l’accouchement serait facilitée par l’allaitement ;
  • Le lait s’adapte naturellement aux besoins de l’enfant.

Dans les inconvénients :

  • L’allaitement est clairement fatigant ET contraignant ;
  • L’allaitement n’est pas si naturel que cela à mettre en place, il peut être compliqué, voire très compliqué ; il peut également être douloureux, voire très douloureux. La solution : se faire accompagner par un VRAI pro de l’allaitement s’il s’agit d’un problème de méthode, et en plus s’équiper pour limiter/calmer les douleurs (crème, bouts de seins…) ;
  • Vous allez être si ce n’est privée de dessert picole très limitée dans votre consommation. Les aliments qui peuvent compliquer la digestion du bébé sont également peu recommandés, mais pour le coup se passer de chou quelques mois est tout de même nettement plus supportable que s’abstenir de boire du champagne.
  • Votre bébé va dépendre à 100% de vous, donc vous allez être de corvée tout le temps. Deux solutions toutefois : privilégier un berceau co-dodo (vous n’aurez pas besoin de vous lever la nuit) et au bout de quelque temps, si vous le souhaitez, tirer votre lait pour pouvoir confier votre enfant et de quoi le nourrir à quelqu’un pendant que vous allez au ciné ou au spa (fonctionne également la nuit).
  • La nuit, vos nichons coulent. Quand votre enfant pleure, vos nichons coulent. C’est rigolo la première fois, et après vous portez des soutien-gorges/brassières et coussinets d’allaitement 24/24. On a connu plus confortable.
  • Il faut prévoir une phase de transition dite « sevrage » lorsque vous n’assurerez plus vous-même la garde de votre enfant.

En faveur du biberon :

  • Votre enfant n’est certes pas livré avec une batterie chargée, mais il présente une autonomie relative en la matière et peut être confié aux bons soins de vos proches qui auront plaisir à lui donner le biberon (à vous de négocier avec qui de droit pour une nuit complète / une grossse teuf / 2 heures d’absence / une simple sieste, à votre convenance) ;
  • Vous pouvez reprendre la picole / n’importe quel médoc / la cocaïne sans nuire à la santé de votre enfant ;
  • La succion de la tétine est assez intuitive et vous ne devriez pas avoir de difficultés à nourrir votre nouveau-né, dès sa naissance  ;
  • Votre poitrine pourra servir de support à des jeux sexuels, sans risque de projection de lait maternel ;
  • La transition vers un autre mode de garde sera facilitée.

Les inconvénients du lait artificiel :

  • Vous devez impérativement être équipés. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut se limiter à un biberon et un goupillon (ultra utile pour le nettoyage). Le stérilisateur ? Inutile (stérilisez une fois à l’achat et basta). De quoi réchauffer le biberon ? Cela peut-être contraignant, un micro-ondes étant difficilement transportable. Soit vous faites avec et vous vous démerdez sur le tas (au pire avec un évier et de l’eau chaude on peut se débrouiller), soit vous habituez votre enfant à boire à température ambiante.
  • Il faut en acheter, ça coûte cher et évidemment c’est le dimanche soir à 20h que vous réalisez que vous êtes à sec ;
  • Il faut parfois tester plusieurs laits et biberons/  tétines avant de trouver le combo qui convient le mieux à votre enfant ;
  • Ce type de lait ne lui fournira pas d’anticorps ou autre.

Mon conseil : si vous ne souhaitez pas allaiter, soyez sûre de vous et ne vous laissez pas culpabiliser par qui que ce soit. Si vous souhaitez allaiter, mettez toutes les chances de votre côté en vous faisant aider par un pro spécialiste de l’allaitement (type Leache League, mais attention ces gens m’ont tout l’air d’être assez extrémistes en la matière) si vous rencontrez des difficultés ; les sages-femmes/ puériculteurs/ pédiatres sont loin d’être tous des experts en la matière et ne pourrons pas forcément vous aider.

Si vous n’êtes convaincue ni dans un sens ni dans l’autre… et bien, testez, choisissez votre camp, et dites-vous qu’il n’y a pas de mauvais choix. L’important en tant que mère étant de ne pas subir mais de décider ce que vous souhaitez, et surtout de ne pas vous laisser emmerder/culpabiliser ni dans un sens ni dans l’autre.