L’instinct maternel

… et l’instinct paternel, dans tout ça ? Parlons plutôt d’instinct parental. Que désigne-t-il, et existe-t-il vraiment ?

Je dirais qu’il recouvre deux choses :

  • La capacité à savoir s’occuper instinctivement de son bébé ;
  • Le fait de l’aimer au premier regard.

Et il me semble que ni l’un ni l’autre ne sont innés (victoire ! vous et moi ne sommes pas de mauvais parents).

Certains parents sont pleins d’amour pour le bébé qui est dans le ventre de sa mère, d’autres ont besoin de faire sa connaissance après sa sortie à l’air libre avant de se projeter pleinement dans cette relation.

Dans tous les cas, l’accouchement peut être une épreuve difficile à traverser qui peut tout changer pour les deux parents, et rajouter un troisième larron dans l’affaire ne simplifie pas la situation. Ce larron, vous l’avez sans doute imaginé, voire fantasmé : et il apparaît devant vous hurlant, couvert de sang ou de vernix, tout gris, chauve. Il ne ressemble pas aux nouveaux-nés dans Urgences. Ou alors il vous semble beau, mais il reste un inconnu.

Peut-être vous sentez-vous submergés d’amour pour ce petit être dès votre rencontre, et ce quelle que soit la relation que vous entreteniez avec lui avant sa naissance. Tout vous semble si facile et naturel que vous ne vous posez même pas la question.

Et peut-être ne ressentez-vous pas cette vague d’amour. A la limite, un lourd sentiment de responsabilité vis-à-vis de cet enfant qui est le vôtre.

C’est tout à fait normal. Cet enfant, vous ne le connaissez pas. Vous allez apprendre à le connaître et à l’aimer en même temps. Vous l’aimerez non pas parce que vous l’avez engendré et lui avez donné naissance, vous l’aimerez pour la petite personne qu’il est déjà et pour celle qu’il est en train de devenir. A votre rythme, apprivoisez-vous. L’Amour viendra.

Quant à savoir s’occuper instinctivement de son nouveau-né… N’oublions pas que les sociétés modernes, jusqu’à récemment, ont été construites sur des modèles de foyers familiaux élargis. La jeune mère (ne parlons que d’elle, puisque de toute façon le père n’était que très peu concerné) n’était jamais seule pour s’occuper de son enfant. Entourée par d’autres femmes, pensez-vous vraiment que la primipare apprenait de façon en autodidacte à nourrir ou langer son bébé ?

Et bien pour vous, c’est pareil, sauf que le vous du XXIème siècle, ce sont les deux parents. Vous allez apprendre avec les autres (personnel de la maternité, potes, grands-parents, Internet…) et aussi seuls en expérimentant. Si vous avez eu l’occasion de vous occuper de bébés avant le vôtre, ces gestes vous semblent peut-être naturels ; si c’est une grande première, il vous faut tout apprendre. Dans tous les cas, très rapidement vous allez  bien connaître et mieux comprendre votre bébé et ses besoins, mieux que personne. Tous les parents se plantent à un moment donné, tous culpabilisent, mais tous font aussi de leur mieux et finissent par trouver des solutions.

Laissez-vous du temps (et il faut avouer que si les nourrissons pouvaient parler, ils nous simplifieraient beaucoup les choses)… et restez zen.