Moi, mon ventre et le reste du monde

Vous êtes enceinte. Il se passe un truc de OUF dans votre utérus, vous êtes en train de fabriquer un être vivant, vous avez l’impression d’avoir inventé Il était une fois la vie. Ou alors vous ne réalisez pas trop, vous sentez (ou pas) des transformations physiques en vous, mais ce bébé vous semble finalement bien abstrait.

Quelle que soit la façon dont vous ressentez cette grossesse, elle ne laisse généralement pas les autres indifférents.

Votre compagnon, tout d’abord. C’est selon : il peut l’investir (et s’investir) à fond, faire une couvade, vérifier si chaque fromage que vous mangez est bien pasteurisé, vous gronder dès que vous faites mine de vider le lave-vaisselle, établir des comparatifs de poussettes trio et ingurgiter des montagnes de livres sur la paternité. C’est un peu fatigant, mais c’est sa façon à lui de devenir père ; tant qu’il ne se prend pas pour votre père à vous, vous devriez pouvoir gérer.

Ou alors il fait mine d’ignorer ce qui se passe (si j’en parle pas il ne se passera rien lalalala), se renferme sur ces jeux vidéos, s’enfile des bières et clopes devant vous sans éprouver une once de culpabilité, ou ne vide la litière du chat que quand elle pue tellement qu’elle LE dérange (il attend que vous le fassiez, mais étant négative toxo c’est un peu compliqué). Normalement, les choses devraient se réguler à la naissance de votre enfant. Assurez-vous de ne pas devenir sa mère à lui pendant cette période, même quand il vous lance son plus attendrissant regard de chiot perdu parce qu’il aura une gueule de bois quand que vous aurez encore gerbé tripes et boyaux ce matin.

Les parents et beaux-parents peuvent se révéler un cas intéressant. A l’annonce de votre grossesse, ils auront crié de joie, versé une larme d’émotion, ou vous auront surpris par leur apathie. Qu’ils n’aiment pas l’idée de devenir grands-parents, leur gendre ou belle-fille, qu’ils estiment que ce n’est pas le bon moment (oui, certains se sentent autorisés à en décider) ou qu’ils soient simplement du genre peu expansifs, ne vous sentez pas déçus si vous rencontrez ce type de réaction. Dans tous les cas, il y a de fortes chances pour qu’ils retrouvent tout leur entrain devant votre bébé – et là, la difficulté pourra être de modérer leur enthousiasme. Ainsi après la naissance de votre bébé, il faudra fixer des limites : des grands-mères qui se plaignent qu’elles ne voit leur petits-enfants qu’une seule fois par semaine, ça c’est déjà vu.

Quoiqu’il en soit, la très bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas avec eux mais avec votre compagnon que vous l’avez fait, cet enfant. Vous l’avez fait, ou gardé s’il s’agissait d’un kinder surprise, parce que vous l’avez voulu. Apprenez à vous détacher du consentement parental, et même du consentement d’autrui tout court, sans quoi vous allez rapidement crouler sous les jugements de valeur et vous sentir nuls – comme vous serez toujours pris entre des conseils contradictoires, autant apprendre rapidement à ne plus vous préoccuper de ce que pensent les autres.

Et justement, les autres, dans leur immense majorité ? Vous rencontrerez globalement deux écoles.

Ceux qui estiment que votre grossesse fait de vous un personnage public: ça peut être très sympa quand on vous sourit gratuitement pour le plaisir ou vous laisse spontanément sa place dans le bus, moins quand on vous harangue dans la rue pour vous prédire que c’est un garçon/ une fille, et franchement désagréable quand on vient vous caresser le ventre. J’ai testé pour vous : « j’te tripote pas la teub, tu me tripotes pas le ventre » qui fonctionne très bien avec votre collègue de boulot, mais nettement moins avec la sœur de votre meilleure amie (qui ne pense pas un seul instant à vous demander si elle peut – elle a adoré qu’on lui fasse quand elle était enceinte). Et je suis au regret de vous annoncer que même avec un bagou certain et une bonne dose de confiance en soit, quand c’est votre PDG qui vient vous féliciter en vous touchant le ventre, il est difficile de faire autrement que de serrer les dents en faisant un sourire crispé.

Quand l’intrusion vient de parfaits inconnus ou est clairement déplacée (Vous ne devriez pas prendre les transports en commun dans votre état à cette heure-ci, Madame ! ), vous êtes autorisée à envoyer l’inopportun se faire voir. Tâchez tout de même de le faire avec le sourire, histoire de maintenir le mythe de la femme enceinte épanouie.

Le deuxième cas de figure, ce sont les gens qui s’en foutent ou font semblant de ne rien voir. Particulièrement agaçant lorsque vous êtes à la caisse Femmes enceintes & personnes handicapées du supermarché (scoop : si ces caisses existent, c’est qu’elles sont utiles) : là je vous recommande la question « Êtes-vous prioritaire ? » et si la réponse est négative, d’annoncer (toujours avec le sourire) « Dans ce cas, je me permets de passer devant vous ».

S’il s’agit de votre employeur qui oublie que votre grossesse vous donne des droits (absences pour RV médicaux, aménagements du travail) et vous envoie subitement vadrouiller par monts et par vaux alors que les déplacements vous sont difficiles, rappelez-lui que vous êtes plus utile au travail qu’arrêtée, et ce d’autant qu’il y a de fortes chances qu’il vous paie partiellement pendant votre absence au titre du maintien de salaire.

Quand à tous ceux qui ne vous félicitent pas d’office, qui ne s’extasient pas sur votre ventre de madone tels le ravi de la crèche, bref qui s’en foutent : je sais qu’il est assez intolérable de ne pas se réjouir de l’arrivée de la huitième merveille du monde. Mais il y a des gens qui n’aiment pas les enfants (voire les gens tout court), à qui votre grossesse renvoie peut-être à un vécu difficile, ou tout simplement estiment qu’il n’y a rien de plus naturel que la maternité, et donc pas matière à roucouler devant vous. A chaque fois que vous êtes contrariée devant ce genre de personne, demandez-vous qui est le plus relou… de lui ou de vous (même s’il va sans dire que, lisant ce blog, vous ne pouvez être d’une personne formidable). Continuez à vivre des feux d’artifice intérieurs sans vous préoccuper de tous ces rabats-joie !

Avoir un bébé… quand on a un enfant

Inconscients ou courageux que vous êtes, vous n’avez pas voulu vous contenter d’un seul enfant et avez donc remis le couvert.

Quand lancer les opérations ? Et bien, quand vous le sentez. En gros, il faut penser à :

  • L’écart souhaité/ rêvé entre vos enfants ;
  • Votre envie de retrouver un sommeil correct entre les deux / de rester dans une période « couches » interrompue pour ne pas vous y remettre, quand vous avez arrêté avec délectation ;
  •  Le budget nécessaire : 2 enfants en crèche (sans parler de l’investissement sièges auto), ça coûte cher ;
  • La pénibilité d’une grossesse. « 9 mois pour faire un enfant, 9 mois pour s’en remettre » dit la sagesse populaire… vous pouvez très bien enchaîner deux grossesses et être en pleine forme, comme vous pouvez être épuisée par une seconde grossesse, surtout si votre aîné est peu autonome/  ne fait pas la sieste à VOS heures (ce qui n’est pas très sympa) ;
  • Vos âges respectifs en tant que parents, notamment si vous souhaitez avoir assez d’enfants pour monter une équipe de basket ;
  • Et surtout votre envie d’avoir un nouveau bébé en tant que couple.

NB : la fertilité serait paraît-il au top dans les 18 mois – 2 ans après un accouchement. Bon à savoir, que vous ayez galéré pour avoir le premier ne signifie pas que Numérobis n’arrivera pas immédiatement…. De même, si vous avez eu votre premier en claquant des doigts, n°2 peut mettre des années à se pointer. Bref, si vous lancez le projet, mieux vaut être prêt et à assumer, et à être patient (vous aurez la surprise).

Comment préparer votre aîné à la grossesse et à la naissance ? Je suis de l’école Tout dire aux enfants, mais pas n’importe comment, et surtout en fonction de leur âge.

Votre enfant risque de (prés)sentir tôt la grossesse, même s’il ne la comprend pas ou ne parvient pas à mettre de mots dessus. Si c’est le cas et que vous souhaitez attendre la première échographie avant lui annoncer, vous pouvez par exemple lui dire que vous êtes très heureux en ce moment sans rentrer dans les détails. Lorsque vous lui en parlerez, choisissez un moment où vous êtes tous les trois disponibles pour échanger et répondre aux questions de votre grand (… s’il est en âge d’en poser). S’il encore petit, nulle précipitation à avoir pour lui parler du bébé qui sortira un jour de votre ventre – 9 mois c’est déjà long pour vous, mais pour lui c’est une éternité.

Racontez-lui à quel point vous êtes heureux et dites-lui avec vos mots à quel point vous l’aimez et l’aimerez toujours. Dans le cœur des parents, il y la place pour tous les enfants ! Plus votre grossesse avancera, plus elle deviendra tangible pour votre enfant. Vous pouvez lui montrer votre ventre, l’inviter à le caresser (doucement, histoire de prendre de bonnes habitudes). Montrez-lui des photos de vous lorsque vous l’attendiez, de lui bébé, en lui racontant son histoire. Racontez-lui comment vous l’avez attendu avec bonheur et comme ce nouvel enfant vous ravit encore. C’est également une bonne occasion de lui expliquer comment et/ou pourquoi on fait des bébés, en fonction de son âge. Parlez-lui d’amour, pardon d’Amour, en somme.

Vous trouverez plein de super bouquins sur le sujet – feuilletez-les avant achat pour être sûrs qu’ils sont bien adaptés à son âge. Vous pouvez aussi lui raconter comme il est chouette d’être grand frère/ grande sœur, mais ne faites pas tout tourner autour du bébé pour autant.

Si votre aîné est encore un bébé : l’évocation d’un autre bébé peut lui faire peur. Parlez-lui si possible du petit frère/ de la petite sœur (que vous pourrez également appeler par son prénom si vous l’avez choisi) pour que votre grand bébé ne se sente pas mis en danger par un autre qui va lui voler sa place (et ses parents).

Plus l’accouchement se rapprochera, plus vous le préparerez à l’arrivée du bébé, y compris sur les aspects logistiques : qui le gardera pendant l’accouchement  ? C’est l’occasion de l’envoyer dormir chez ses grands-parent ou les amis qui s’en occuperont le moment venu pour tester le terrain s’il n’en a pas l’habitude. Le jour J, expliquez-lui ce qui se passe pour qu’il ne soit pas perturbé par votre absence.

A la maternité, lorsque votre enfant viendra vous rendre visite, tâchez de vous coordonner avec votre conjoint pour ne pas avoir le bébé dans les bras à son arrivée. Accueillez-le avec enthousiasme, racontez-lui comme il vous a manqué, faites-lui de gros câlins, etc. Présentez-lui le bébé, mais après lui avoir consacré un moment rien qu’à lui donc. S’il est encore jeune, vous pouvez le soudoyer avec le cadeau que le bébé lui aura apporté (pas plus saugrenu que le Père Noël) pour l’assurer que le nouveau venu n’a pas d’intentions hostiles envers lui.

De retour à la maison, tâchez de lui consacrer du temps, de la place dans vos bras et dans vos pensées.

S’il vous demande quand est-ce qu’on rapporte le bébé à la maternité… vous pouvez lui répondre On garde le bébé, et toi aussi on te garde. Encore une occasion de l’assurer de votre amour et que vous n’allez pas l’échanger contre un modèle plus jeune et mieux gaulé.

Évitez de le changer de chambre ou de refiler immédiatement son lit au bébé, faites les choses progressivement pour éviter l’effet « il me fauche mes parents, mon pieu et quoi d’autre encore ? ».

Soyez patients s’il régresse, à voir toute l’attention que vous portez au bébé il pourrait être tenté de se faire remarquer. Assurez-le toujours de votre amour inconditionnel. A l’inverse, assurez-vous qu’il continue à s’exprimer, certains modèles d’enfants pouvant être tentés de se mettre en retrait en vous voyant tellement occupés par un nourrisson. Faites-le participer s’il le souhaite aux soins, mais veillez à ce qu’il ne se sente pas responsable du bébé et que s’en occuper reste toujours un plaisir pour lui (idem la nuit, s’il entend le bébé pleurer, ce n’est pas son problème, il peut continuer à faire dodo) (mais s’il est bien tentant de laisser quelqu’un d’autre s’en occuper, je sais). Continuez à lui accorder du temps, rien que pour lui, et sans le bébé à l’occasion.

Et restez zen : vous allez (im)parfaitement gérer :)

Nourrir son nouveau-né

En général, on éviter de donner à son nouveau-né du steak-frites. Qu’il soit artificiel ou produit par vos nichons, vous le nourrirez avec du lait, autrement dit vous l’allaiterez – voilà ce que vous pourrez répondre aux vieilles rombières qui ne manqueront pas de vous demander « vous le nourrissez ? » entre deux réponses type « oh non je le laisse de démerder » ou « oui, une fois tous les deux jours ».

Par facilité, utilisons tout de même le terme d’allaitement pour ce qui concerne la production maison. En préambule, j’ai allaité mon fils et compte allaiter mon second enfant, mais je suis convaincue que le plus important est d’avoir en tant que mère un choix absolu en la matière. L’idéal est que votre conjoint, même s’il a une préférence en la matière, vous soutienne à 100% une fois votre décision prise.

Le seul cas où le lait maternel est apparemment nettement supérieur au lait artificiel est celui des très grands prématurés. Or l’allaitement est inévitablement très compliqué (ne serait-ce que d’un point de vue logistique) dans une telle situation. Parlez-en avec l’équipe médicale si vous êtes concernée. Si vous ne l’êtes pas, et que vous êtes vous-même prête à allaiter, vous pouvez envisager de faire don de votre lait – si tout va bien, d’ici quelques semaines je serai en mesure de vous faire un retour sur la question.

Vous ne trouverez pas ici d’arguments du type l’allaitement renforce le lien mère/enfant ou le biberon permet au père d’être plus proche de son bébé : le nourrisson n’étant pas un petit chat, je suis intimement convaincue que les relations entres les parents et l’enfant se tissent autrement que par savoir qui distribue les croquettes lui donne à manger.

En facteur de l’allaitement :

  • Pratique, on peut dégainer n’importe où ;
  • Economique ;
  • Excellent pour la santé – les bébés allaités seraient plus résistants, bénéficiant des anticorps de la mère, et présenteraient moins de risques d’allergie ;
  • La perte de poids après l’accouchement serait facilitée par l’allaitement ;
  • Le lait s’adapte naturellement aux besoins de l’enfant.

Dans les inconvénients :

  • L’allaitement est clairement fatigant ET contraignant ;
  • L’allaitement n’est pas si naturel que cela à mettre en place, il peut être compliqué, voire très compliqué ; il peut également être douloureux, voire très douloureux. La solution : se faire accompagner par un VRAI pro de l’allaitement s’il s’agit d’un problème de méthode, et en plus s’équiper pour limiter/calmer les douleurs (crème, bouts de seins…) ;
  • Vous allez être si ce n’est privée de dessert picole très limitée dans votre consommation. Les aliments qui peuvent compliquer la digestion du bébé sont également peu recommandés, mais pour le coup se passer de chou quelques mois est tout de même nettement plus supportable que s’abstenir de boire du champagne.
  • Votre bébé va dépendre à 100% de vous, donc vous allez être de corvée tout le temps. Deux solutions toutefois : privilégier un berceau co-dodo (vous n’aurez pas besoin de vous lever la nuit) et au bout de quelque temps, si vous le souhaitez, tirer votre lait pour pouvoir confier votre enfant et de quoi le nourrir à quelqu’un pendant que vous allez au ciné ou au spa (fonctionne également la nuit).
  • La nuit, vos nichons coulent. Quand votre enfant pleure, vos nichons coulent. C’est rigolo la première fois, et après vous portez des soutien-gorges/brassières et coussinets d’allaitement 24/24. On a connu plus confortable.
  • Il faut prévoir une phase de transition dite « sevrage » lorsque vous n’assurerez plus vous-même la garde de votre enfant.

En faveur du biberon :

  • Votre enfant n’est certes pas livré avec une batterie chargée, mais il présente une autonomie relative en la matière et peut être confié aux bons soins de vos proches qui auront plaisir à lui donner le biberon (à vous de négocier avec qui de droit pour une nuit complète / une grossse teuf / 2 heures d’absence / une simple sieste, à votre convenance) ;
  • Vous pouvez reprendre la picole / n’importe quel médoc / la cocaïne sans nuire à la santé de votre enfant ;
  • La succion de la tétine est assez intuitive et vous ne devriez pas avoir de difficultés à nourrir votre nouveau-né, dès sa naissance  ;
  • Votre poitrine pourra servir de support à des jeux sexuels, sans risque de projection de lait maternel ;
  • La transition vers un autre mode de garde sera facilitée.

Les inconvénients du lait artificiel :

  • Vous devez impérativement être équipés. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut se limiter à un biberon et un goupillon (ultra utile pour le nettoyage). Le stérilisateur ? Inutile (stérilisez une fois à l’achat et basta). De quoi réchauffer le biberon ? Cela peut-être contraignant, un micro-ondes étant difficilement transportable. Soit vous faites avec et vous vous démerdez sur le tas (au pire avec un évier et de l’eau chaude on peut se débrouiller), soit vous habituez votre enfant à boire à température ambiante.
  • Il faut en acheter, ça coûte cher et évidemment c’est le dimanche soir à 20h que vous réalisez que vous êtes à sec ;
  • Il faut parfois tester plusieurs laits et biberons/  tétines avant de trouver le combo qui convient le mieux à votre enfant ;
  • Ce type de lait ne lui fournira pas d’anticorps ou autre.

Mon conseil : si vous ne souhaitez pas allaiter, soyez sûre de vous et ne vous laissez pas culpabiliser par qui que ce soit. Si vous souhaitez allaiter, mettez toutes les chances de votre côté en vous faisant aider par un pro spécialiste de l’allaitement (type Leache League, mais attention ces gens m’ont tout l’air d’être assez extrémistes en la matière) si vous rencontrez des difficultés ; les sages-femmes/ puériculteurs/ pédiatres sont loin d’être tous des experts en la matière et ne pourrons pas forcément vous aider.

Si vous n’êtes convaincue ni dans un sens ni dans l’autre… et bien, testez, choisissez votre camp, et dites-vous qu’il n’y a pas de mauvais choix. L’important en tant que mère étant de ne pas subir mais de décider ce que vous souhaitez, et surtout de ne pas vous laisser emmerder/culpabiliser ni dans un sens ni dans l’autre.

Le retour à la maison

Et voilà, vous allez rentrer chez vous, pour la première fois, à trois.

La bonne nouvelle, c’est qu’avant de partir, vous aviez prévu tout l’équipement nécessaire ; mais il reste encore quelques bricoles à régler.

  • Les premiers pas

Il parait qu’il est important de faire faire le tour du (petit) propriétaire. Il y a de grandes chances pour que votre bébé n’en ait cure et préfère somnoler dans vos bras ; néanmoins je trouve l’idée assez sympathique.

S’il y a d’autres habitants dans votre maison, effectuez les présentations (je parle du Chat, pas des amis imaginaires de votre aîné ou des cafards qui infestent votre cuisine) (eurk).

Si vous aviez demandé à votre compagnon de finaliser la chambre de votre enfant/ faire le ménage/sortir les poubelles pendant votre séjour à la maternité et que ce n’est pas fait (ou pas aussi bien que ce que vous auriez fait, vous), lancez-lui un regard désabusé, il devrait percuter et culpabiliser suffisamment pour réagir dans l’instant : installez-vous calmement et confortablement avec votre bébé, et laissez bosser votre conjoint bosser sans hurler ou l’accabler de reproches. Il a peut-être eu besoin de profiter de ses derniers instants de liberté, l’important, c’est qu’il vous soutienne maintenant.

D’ailleurs, à quel moment souhaitez-vous la présence de votre compagnon auprès de vous et de votre nouveau-né ?  En temps que salarié, il a droit à trois jours ouvrés pour la naissance, et onze jours calendaires de congé paternité. Pas facile de savoir en amont à quel moment vous aurez besoin de lui.

Je suis d’avis que si une présence à la maternité les premiers jours est agréable, elle est indispensable à la maison (et d’ailleurs, le premier jour où mon mari est allé bosser après mon retour, j’ai bien cru que j’allais pleurer j’ai pleuré) (on pense qu’on pleure beaucoup enceinte, mais c’est pire après).

S’il ne peut être présent et que vous ne souhaitez pas être seule, c’est le moment de vous faire accompagner au maximum par votre famille ou vos amis s’ils peuvent venir vous voir.

  • Les visites

Normalement, si les sept enfers ne se sont pas déchaînés sur vous à la maternité, vous allez être assaillis de demandes pour rencontrer le divin enfant.

Au passage, vous avez le droit de faire des sourires (crispés) à ceux qui vous diront Bonjour seulement après avoir admiré votre bébé, voire qui ne vous aurons pas dit bonjour du tout (à ce stade, le créateur n’a pas l’importance de sa créature aux yeux de certains). Pensez-y la prochaine fois que vous irez visiter de jeunes parents, on pêche tous par manque d’expérience.

Vous pouvez organiser ces visites en envoyant un mail à vos proches avant votre départ à la maternité. Coupez l’herbe sous le pied de ceux qui ont envie de s’incruster (au hasard, vos parents/ beaux-parents) : ils seront les bienvenus, à partir de J+8 et non à J+2 par exemple ;  précisez quelles sont vos heures préférées pour les visites (à 18 heures, pour l’heure des traditionnels pleurs du soir, on préfère en général être en petit comité quand on se sent parent indigne incapable de consoler son enfant) (ça arrive à TOUT LE MONDE) ; ce qui vous ferait plaisir : que votre invité apporte le repas / fasse une livraison de plats Picard, qu’il vous file un coup de main pour le ménage, voire qu’il garde la Bête pendant que vous vous absentez deux heures (plus facile quand on n’allaite pas) (petite veinarde). Evidemment, tout le monde ne pourra pas vous rendre ce type de service, mais la meilleure façon d’obtenir ce que vous voulez/dont vous avez besoin, c’est de demander, n’hésitez donc pas à le faire.

N’hésitez pas non plus à dire non si la visite ne vous convient pas sur le fond ou la forme. S’il s’agit de très proches type beaux-parents, il est diplomatique de mettre un peu d’eau dans son vin : oui pour qu’ils viennent vous voir, mais s’ils logent à l’hôtel. Si la visite se passe mal (invités qui s’incrustent plus longtemps que prévu / mettent les pieds sous la table en attendant que vous leur serviez un repas trois étoiles), vous avez aussi le droit de les foutre dehors.

  • Les soins

Je reviendrai plus longuement sur la trousse à pharmacie de votre bébé / le nécessaire à soins de votre bébé dans un prochain article (à liste <3).

A noter que vous pouvez demander à une sage-femme de venir vous visiter, très utile si vous êtes en pleine découverte du mode d’emploi du nouveau-né. Prenez contact en amont avec la sage-femme afin de vous assurer qu’elle pourra bien venir à domicile.

  • La nourriture

Si vous avez choisi de ne pas allaiter, essayez de vous procurer le même lait qu’à la maternité, si bien supporté par votre enfant (achetez-le avant l’accouchement ou envoyez votre conjoint s’en charger pendant votre séjour à la maternité, mais ne vous en occupez pas à votre retour).

Si vous allaitez, en théorie c’est plus fastoche : vous n’aurez besoin que de vos nichons. Cependant je vous conseille tout de même d’avoir une boîte de lait en poudre à la maison, au cas où, pour éviter le drame du dimanche soir, 20 heures, en cas de problème. Elle vous servira a minima lorsque vous passerez à l’allaitement mixte (sauf si vous envisagez de nourrir votre enfant au sein jusqu’à sa majorité, là vous pourrez passer directement à la vodka).

Concernant votre nourriture, assurez-vous que le congélateur/ frigo sera bien rempli à votre retour, vous n’aurez pas le cœur à vous préparer un bourguignon juste après avoir accouché (et manger, c’est important).

Vous allez à présenter découvrir la vie à trois (ou plus). Les débuts peuvent être compliqués (remarquez : la suite aussi), ne vous stressez pas/ ne culpabilisez pas, il y a de quoi être très bouleversé par ce changement. Faites de votre mieux, et rappelez vous que tant que tout va bien… tout va bien.

Accoucher

Il y a des dizaines (centaines ?) de façons d’accoucher et de vivre un accouchement. C’est une expérience littéralement inoubliable et très personnelle.

Vous vous y serez préparée au mieux, mais les événements ne se dérouleront peut-être pas comme vous l’avez prévu.

Voici quelques petits conseils qui, je l’espère, pourront néanmoins vous être utiles à tous les coups.

  • Sentez-vous en confiance et faites confiance à l’équipe. Vous avez face à vous des gens dont l’accouchement est le métier, qui ont à cœur que tout se passe bien et feront leur possible en ce sens.
  • … Et soyez agréable avec eux. Personne n’aime avoir affaire à quelqu’un de désagréable. Même si vous avez très mal, rien ne vous empêche d’être polie. Ils vous le rendront bien et l’ambiance sera tout de même nettement plus agréable pour tout le monde. NB : ça fonctionne aussi avec votre conjoint.
  • Envisagez tout ce petit monde comme une équipe, comme votre équipe qui vous soutient, vous guide et gère le ravitaillement (même s’il ne s’agit que de vous pschiter du brumisateur).
  • Pensez que le plus important est la santé de votre bébé, et la vôtre.
  • Soyez prête à envisager tous les types de soins, s’ils s’imposent (cf. point précédent). Même si vous souhaitez accoucher par voie basse, une césarienne peut s’imposer. Envisagez cette possibilité en amont pour ne pas vous sentir choquée ou surprise si un tel acte chirurgical venait à intervenir.
  • Vous pouvez refuser des soignants ou des soins si vous ne le sentez pas. Bien sûr, si des questions vitales sont en jeu, la priorité de l’équipe médicale sera de protéger votre santé et celle de votre enfant, quelles que soient les indications que vous pourriez leur donner.
  • Soyez réaliste. Si on vous annonce un périmètre crânien immense pour votre bébé, qu’il va être compliqué de le faire sortir, vous pouvez préciser à l’équipe que vous êtes d’accord pour une épisiotomie, par exemple, histoire de mettre tout le monde à l’aise.
  • Concernant la péridurale :
    • Si vous en bénéficiez : demandez une nouvelle dose de produit dès que vous commencez à sentir une gêne/un inconfort. N’attendez pas que la douleur s’installe.
    • Si vous ne souhaitez pas en bénéficier : vous avez le droit de changer d’avis (ou pas).
    • Si vous ne pouvez pas en bénéficier : rappelez vous que depuis le début de l’humanité, les femmes ont fait sans. Vous pourrez l’ajouter sur votre CV. Courage !
  • A la sortie de Junior, ne soyez pas surprise s’il ne ressemble pas aux nouveaux-nés que vous avez vus dans Urgences : il peut être tout recouvert de vernix, gris, rouge, recouvert de sang… Et il ne criera pas forcément.
  • Il vous faudra parfois patienter quelques instants avant de le tenir dans vos bras. L’urgence pour l’équipe peut être de vérifier si tout va bien / de prodiguer les premiers soins.
  • Pour votre conjoint : chacun fait ce qu’il veut, mais pour ma part j’estime qu’il est inutile de regarder si ce n’est l’expulsion, au moins ce que suit (à moins qu’il n’ait envie de se priver définitivement de barbaque à la vue du placenta)

Quoiqu’il se passe, rappelez-vous que votre accouchement est unique, même s’il ne se déroule pas comme vous l’avez imaginé, voire fantasmé ; tâchez de rester calme et concentrée sur un double objectif pour lequel vous êtes accompagnée par une équipe : la santé de votre bébé et la vôtre. La bonne nouvelle : que votre accouchement se déroule rapidement et sans douleur ou qu’il soit long, douloureux voire compliqué, vous tiendrez très bientôt votre bébé dans vos bras.

Préparer son séjour à la maternité

Pour bien vous préparer à l’accouchement, vous avez fait vos valises ; mais que faut-il prévoir d’autre pour anticiper son séjour à la maternité?

En amont

Préparez et chronométrer votre trajet : vous vous y rendrez plus détendue le jour J. Anticipez les différents moyens de transports possibles : à pieds, en transports en commun, en taxi, ou dans votre voiture. Le cas échéant en tenant compte des bouchons (vous venez présentement de passer très près d’un mauvais jeu de mots impliquant la notion de muqueux).

Prévoyez les visites que vous recevrez à la maternité en envoyant un message aux proches que vous aurez plaisir à voir à la maternité (plutôt à une liste restreinte qu’à votre équipe complète de pom-pom girls, suppléantes comprises) avec le plan d’accès à la maternité, les horaires de visite et recommandations diverses (on n’apporte pas de fleurs et on ne vient pas quand on a la grippe A, merci) ainsi que, et c’est le plus important, vos consignes. Par exemple :

  • Pas de visite le premier jour
  • Pas plus de deux visiteurs à la fois (de grâce, respectez cela si vous êtes en chambre double)
  • Uniquement visites des grands-parents / BFF
  • Les visites doivent durer 15 minutes, 30 maximum
  • Confirmer toute visite par téléphone avant
  • Seuls seront admis les visiteurs équipés de sushis
  • Etc.

Evidemment rien ne vous empêche de dire les choses avec plus de diplomatie (cela est même recommandé si vous souhaitez conserver de bonnes relations avec vos proches). Pensez que vous risquez d’être épuisée par un accouchement long et/ou difficile ou tout simplement que vous aurez peut-être envie de partager ces premiers instants uniquement avec votre tout nouveau cercle familial restreint.

En bref, il vaut mieux être un peu sèche avant, quitte à être finalement plus souple que ce que vous aviez prévu pour ne pas prendre le risque de vexer vos proches en les mettant dehors ou d’être atrocement gênée par la présence de votre belle-mère à H+4.

Juste avant d’accoucher

Selon les consignes données par votre maternité, et si cela est possible, prenez une douche, ou mieux, un bain avant de partir ; vous pouvez également grignoter quelque chose (si vous n’avez pas faim, privilégiez une boisson qui tient bien au corps type jus d’abricot ou chocolat chaud). En effet, en France il est de bon ton d’affamer et d’assoiffer la femme sur le point d’accoucher au cas où il faudrait pratiquer sur elle une anesthésie générale en urgence (et là, vous comprenez également tout l’intérêt du brumisateur, seule boisson à laquelle vous aurez droit pour vous désaltérer en salle de naissance).

Vérifiez votre check-liste de départ : enlevez votre vernis à ongles, vos lentilles, le contenu de votre baluchon… NB : ce n’est pas le moment de commencer nettoyer les vitres du salon, l’important c’est d’accoucher maintenant.

Comment vous rendre à la maternité ? Vous avez prévu en amont votre transport. Si vous êtes seule et tordue de douleur, évitez de conduire ; si vous prévoyez d’être assise, emportez une petite serviette de toilette pour éviter de pourrir la banquette arrière du taxi en perdant les eaux. Toujours si vous êtes seule, n’emportez avec vous que le baluchon pour la salle de naissance, votre conjoint se chargera du reste plus tard.

Dans tous les cas et sauf urgence réellement urgente (et croyez-moi, quand le bébé est vraiment sur le point d’arriver, vous le sentez) (c’est un peu comme une grosse envie d’aller faire caca maintenant tout de suite, sauf qu’on parle d’accouchement) (c’est plus fort que moi, il faut que je parle de caca à chaque article), évitez d’appeler les pompiers. Sauf cas rarissime, surtout pour un premier, la durée d’un accouchement est suffisamment longue pour vous permet de regarder l’intégrale du Seigneur des Anneaux en version longue et de faire une partie de Scrabble derrière. Laissez les pompiers et le samu s’occuper des vraies urgences et appelez donc un taxi (ou votre meilleur ami à la rescousse).

Si vous avez déjà un enfant ou autre tamagotchi, prévoyez en amont à qui vous pourrez le confier et selon quelles modalités (vos parents viennent chercher l’aîné chez vous, vous effectuez la passation à la maternité, etc.). L’heureux dépositaire de la créature étant prié de laisser son portable allumé 24/24, parce qu’en général, on ne choisit pas l’heure à laquelle on accouche.

Voilà, vous êtes dans la place. C’est maintenant que les choses sérieuses commencent.

To be continued

 

Préparer sa valise pour la maternité

Le jour J approche, et il est temps de préparer votre valise, ou plutôt vos valises pour la maternité.

En parallèle du paquetage, préparez une liste (<3) avec tout ce que vous devez faire avant de partir, par exemple : enlever vos bijoux, votre vernis, etc. Votre maternité vous indiquera les pré-requis en la matière. Adaptez également le contenu des valises selon leurs indications.

Vous devez donc préparer plusieurs valises. Je vous recommande : un baluchon à emporter en salle de naissance, et une à deux valises (pour vous et votre enfant) pour le séjour en maternité.

Baluchon salle de naissance (on évitera l’immense valise qui gêne le passage)

Affaires Papa

  • 20 euros en monnaie pour se ravitailler en café, nourriture (l’accouchement peut être long, très long…) (35 HEURES BORDEL) ;
  • Chéquier : si besoin de caution pour le téléphone ou la TV en chambre ; en prenant soin de vérifier en amont si c’est nécessaire ou non (la caution ET le téléphone ou la TV) ;
  • Appareil photo – avec batterie chargée !

Affaires Maman

  • Dossier médical et administratif dont carte de groupe sanguin, tous les examens réalisés au cours de la grossesse, livret de famille, CNI, carte Vitale, carte de mutuelle ;
  • Une tenue confortable : par exemple une chemise de nuit chouette, un gilet à manches longues s’il fait frisquet (normalement il fait bien chaud dans les maternités, mais je vous rappelle qu’un accouchement peut être long, TRÈS LONG), une paire de chaussettes ou des chaussons sympas pour déambuler tranquillement ;
  • Des barrettes, un élastique ou un bandeau pour éviter d’avoir les cheveux dans la tronche en pleine poussée ;
  • Pour votre confort :
    • Un brumisateur. INDISPENSABLE. Votre assistant, pardon compagnon, pourra ici se trouver un rôle-clé dans l’accouchement (je pense que j’ai répété « brumisateur ! » au moins 50 fois le jour J) (vers la fin, avant j’ai eu au moins 34 heures d’autonomie en la matière) ;
    • Un déo en spray, recommandé par une amie très chère. Attention, spoiler qui pique les yeux des âmes sensibles : il arrive qu’on fasse caca (et pas des paillettes) avant ou au cours de l’accouchement, et il arrive que l’on ne s’en rende pas compte jusqu’à se dire que tiens, ça ne sent pas la rose. Un déo en spray peut sauver votre dignité à ce moment-là si vous êtes mal à l’aise dans ce type de circonstances (personnellement, je n’ai plus de dignité depuis longtemps) ;
    • Lunettes / lentilles + étui et produit, si vous êtes binoclarde.
  • Pour l’attente :
    • Des magazines, un bouquin, un tablette chargée avec des séries/films… en présence de votre conjoint cet équipement perd de l’intérêt, vous serez peut-être contents de papoter simplement entre vous.
    • De la musique : pour le coup, j’ai trouvé agréable d’avoir une ambiance sonore, même si l’équipe m’a demandé de couper le son juste avant la naissance (mon fils n’a pas poussé son premier cri sur la Chevauchée des Walkyries, snif) (en vrai j’avais prévu une play-list titrée « Happy mood », on n’est pas là pour faire la tronche ou conquérir la Pologne).

Affaire Bébé

  • Un body – pour la taille, en fonction de ce qu’on vous aura annoncé à la dernière écho, prévoyez du naissance ou du 1 mois (voire du 3 mois si vous accouchez d’un petit veau) (auquel cas je vous souhaite bon courage). Privilégiez un body qui s’ouvre par devant, plus facile pour habiller votre enfant quand vous avez l’impression que le manipuler est aussi délicat que de servir du thé dans un service en porcelaine quand on a des pattes d’ours ;
  • Un bonnet ;
  • Un pyjama plus ou moins chaud (coton ou velours) selon la saison ;
  • Une serviette ou une couverture polaire pour tenir votre enfant au chaud.

Pour le séjour à la maternité – adaptez le nombre de vêtements en fonction de la durée prévue du séjour 

Affaires Bébé 

  • Trois à cinq bodies – ils prennent peu de place et sont utiles quand on n’a pas trop la main (vous allez découvrir avec bonheur vos premières couches mal positionnées et le plaisir des régurgitations) ;
  • Deux ou trois pyjamas – en coton ou velours selon la saison ;
  • Un cache-cœur ou un pull plus chaud, selon la saison ;
  • Un bonnet ;
  • Des moufles – si votre enfant se lacère le visage à la mode Wolverine ;
  • Des chaussettes – inutiles si toutes les tenues prévues recouvrent les pieds
  • Une tenue pour la sortie : dispensable. Ici la politique de la maison est de laisser les bébés en pyj jusqu’à 2 ou 3 mois.
  • Une gigoteuse ou turbulette – peut être remplacée par une couverture (à 3 jours de vie, votre bébé ne bouge pas assez pour risquer de s’étouffer avec) ;
  • Deux langes : très utiles pour essuyer les reflux, les nichons qui débordent, voire faire office de doudou ;
  • Des bavoirs : dispensables, je les remplace par des langes ;
  • Un protège carnet de santé : dispensable, d’autant qu’il est possible que vous en receviez un en cadeau à la maternité ;
  • Une tétine : même si vous êtes contre. Il paraît que ça a sauvé des santés mentales.
  • Des couches naissance : 1 paquet devrait laaaaargement suffire pour la maternité.
  • Une serviette de toilette pour votre enfant ;
  • Un thermomètre : demandé à ma maternité (pour apprendre à s’en servir), mais ils ont leur propre matériel. Privilégiez un modèle rectal, tout simple à 5 euros – un embout souple me semble toutefois une attention délicate pour l’anus de votre bébé ;
  • Une brosse à poils doux ;
  • Du savon liquide surgras, sans paraben ;
  • Du liniment et du coton qui remplacent les lingettes (irritantes et polluantes) pour le change ;
  • Du sérum physiologique pour nettoyer les yeux, le nez (n’hésitez pas à acheter en gros, il sera utilisé) ;
  • Lait ou crème hydratante : dispensable. Vous pouvez en outre demander des échantillons en pharmacie, des fois que votre enfant fasse des réactions allergiques (le mien ne supporte qu’un type de crème, par exemple).

 Séjour maternité Maman

  • Une grande serviette de bain qui ne craint pas trop, et une petite qui craint encore moins (je vous laisse la délicate surprise de deviner pourquoi) ;
  • Une tapis de bain, si vous avez comme moi le pied délicat en sortant de la douche ;
  • Un coussin d’allaitement : très utile si vous allaitez ou pour donner le biberon confortablement (mais prend beaucoup de place) ;
  • Une bouée pour s’asseoir si besoin : vous ne voulez pas savoir pourquoi. L’usage de la bouée est controversé, mais je vous recommande tout de même d’en prévoir une pour éviter d’envoyer le papa en dégoter une de toute urgence à 20 heures un dimanche de décembre.
  • Deux ou trois chemises de nuit confortables, et compatibles avec l’allaitement si vous prévoyez d’allaiter ;
  • Deux soutien-gorges, d’allaitement + une brassière pour la nuit si vous prévoyez d’allaiter (pour la nuit sachez que vos nichons peuvent couler même pendant votre sommeil en se passant de votre accord) ;
  • Deux hauts confortables, d’allaitement le cas échéant ;
  • Deux bas confortables, sachant qu’une sage-femme viendra régulièrement mettre son nez entre vos cuisses en cas de problème particulier, type épisiotomie ;
  • Des culottes jetables ou en coton qui finiront à la poubelle (vous commencez à vous douter que les suites de couche peuvent ressembler à un remake de Shining, hein ?) ;
  • Des chaussons, pour déambuler sans choper les verrues plantaires de votre voisine de chambrée ;
  • Une robe de chambre/un kimono/truc pour vous tenir un peu plus chaud (vous pouvez trouver un vêtement qui ne vous fera pas ressembler à votre grand-mère, promis) ;
  • Des bas de contention : si vous avez des problèmes de circulation ou avez du mal à vous lever ;
  • Des serviettes périodiques +++ ;
  • Du savon liquide surgras ;
  • Du shampoing et/ou du shampoing sec (en cas de césarienne, vous ne pourrez pas prendre de douche immédiatement et n’espérez pas non plus vous laver les cheveux penchée sur le lavabo) ;
  • Crème pour la peau : dispensable ;
  • Un sèche-cheveu : dispensable pour refaire votre brushing, très utile en cas d’épisiotomie ;
  • Trousse de toilette (n’oubliez pas votre brosse à dents, ni du maquillage si vous savez que vous ne supporterez pas de vous voir avec une mauvaise mine sur les photos – votre minimum vital en somme) ;
  • Mouchoirs ;
  • Masque pour les yeux / boules Quiès : impératif si vous êtes en chambre double pour espérer vous reposer ;
  • Des choses sympas à grignoter : c’est le moment de commander à vos visiteurs des sushis, des rillettes voire même du champagne si vous n’allaitez pas (petite veinarde) ;
  • Montre ou réveil : indispensable car votre maternité vous demandera de noter les heures de repas et de change (celles du bébé, les vôtres ils s’en foutent) (sauf votre premier pipi) ;
  • Carnet (si papier pas fourni ou que vous souhaitez écrire vos premières impressions), stylo.

Si vous allaitez, il faut prévoir spécifiquement :

  • De la flotte : 3L/jour sont recommandés, dans ma maternité ils ne fournissaient qu’une bouteille par jour. D’ailleurs, allaitement ou non, c’est aussi le moment de vous (re)mettre à la Contrex ou à l’Hépar en cas de problèmes digestifs (votre première selle (<3) après accouchement pouvant être particulièrement effrayante ou éprouvante) ;
  • Tisane d’allaitement – la bouilloire et la tasse ne sont pas forcément indispensable, à vérifier en amont (je m’excuse auprès de mon mec de lui avoir fait trimbaler tout ça pour mon premier séjour à la maternité) ;
  • Des coussins d’allaitement : j’ai un faible pour les coussinets lavables ;
  • Des protèges-mamelons, si vous avez accouché de Dracula ou d’un molosse (edit : en fait c’est inutile, sauf si problème et là vous enverrez le Papa s’en procurer en pleurant votre race de n’avoir pu bien suivi le conseil qui suit) ;
  • De la pommade ou de la crème pour protéger votre poitrine, type Castor Equi (qui comme son nom ne l’indique pas, ne contient pas de castor) ;
  • De l’homéopathie, si vous y croyez.

Avez tout ça, vous devriez être fin prête ! N’hésitez pas à revoir le contenu très exhaustif de ces listes. Mon objectif : que vous n’ayez pas besoin de vous faire rapporter quoi que ce soit de la maison par votre compagnon (qui n’est peut-être pas aussi au fait que vous de l’endroit où sont rangées les moufles de nourrisson dans la maison), mais vous avez le droit de faire léger également si vous n’aimez pas l’idée de transport votre maison.

Un dernier conseil : votre bébé va arriver incessamment sous peu. A partir de maintenant, dès la maternité donc, vous pouvez dire oui oui en souriant à tous les conseils qui vont vous être donnés (et qui pourront être contradictoires, même dispensés par le personnel de la maternité) mais fiez-vous à votre instinct, jeune Jedi, et rappelez-vous que ça y est, vous êtes devenu parent et  êtes à ce titre le mieux placé pour savoir ce qui est bon pour votre bébé. Ce qui n’empêche pas que vous pourrez tout de même recevoir de super conseils utiles, remarquez.

Gérer son stress pendant la grossesse

Tout le monde parle du visage rayonnant des futures mères (ils ne doivent pas avoir vu ma tronche : chaque personne que je croise me dit « ouh, tu as/vous avez l’air fatiguée ») mais personne n’évoque jamais le stress qui peut envahir les futurs parents. Il peut être de plusieurs ordres :

  • Suis-je prêt ? Vais-je réussir à être un bon parent ?

La bonne nouvelle, c’est qu’aucun parent n’est parfait et qu’il y aura forcément un moment (mettons au plus tard, vers les quatorze ans de la créature) où votre enfant vous claquera la porte au nez en hurlant que vous êtes trop nul et qu’il vous déteste parce que vous n’avez même pas voulu lui acheter un scooter.

Chaque parent fait de son mieux, et c’est l’essentiel. N’ayez pas trop de principes immuables, restez calme / expliquez, et tout se passera bien (il est normal que votre enfant vous donne parfois envie de le balancer par la fenêtre, et il est normal qu’il se détache aussi de vous).

Mais lui va-t-il être un bonne personne ? Et si j’enfantais l’Antéchrist? 

Il est sûr que personne n’a envie d’être le parent d’un futur Hitler voire pire, de la prochaine Nabila. Mais j’en reviens aux principes immuables. Identifiez ce qui est important pour vous, vous réussirez à transmettre vos valeurs à votre enfant si elles sont vraiment essentielles à vos yeux et que vous l’éduquez selon ces principes. A la maison, on répète par exemple à notre enfant depuis tout petit qu’il est important de respecter les autres (se faire respecter soi-même va venir, mais là il est encore vraiment trop minus pour saisir le concept).

  •  Et s’il a des problèmes de santé / si la grossesse se passe mal ? 

Je vais vous révéler un truc : ce qui change quand on devient parent, c’est qu’on perd définitivement une forme d’insouciance. Dès qu’il sera là, on se préoccupera toujours de la santé et du bien-être de son enfant.

Identifiez ce qui est potentiellement grave (évitez Doctissimo qui vous fera déceler des tumeurs du cerveau à chaque clignement d’œil de votre progéniture) (je vous ferai bien sûr une liste à ce sujet avec les motifs de consultation en urgence pour un nourrisson) et lâchez du lest sur le reste. Les bobos se soignent, ce qui est plus grave souvent aussi. Ne pensez pas à tout ce qui pourrait arriver, parce que d’une part cela arrive très rarement (comptez sur votre bonne étoile et tâchez d’avoir un karma nickel), et d’autre part parce que dans les situations extrêmes, vous ne savez pas comment vous pourrez réagir. Vous n’aurez simplement pas d’autre choix que de gérer.

J’ai un respect infini pour les parents qui ont connu des drames avec leurs enfants. J’estime qu’une partie de ce respect est aussi de ne pas me mettre à leur place et de profiter que tant que ce qui n’arrive n’est pas grave, tout va bien (et je répète encore aujourd’hui beaucoup cette phrase à mon enfant comme une mantra).

Pendant la grossesse, identifiez les motifs de consultation d’urgence, qui sont en gros les suivants (ils ne signifient pas forcément qu’il y a un problème, mais qu’il est prudent de vérifier sans attendre que tout va bien) :

  1. Perte de liquide / perte de sang
  2. Fièvre supérieure à 38°
  3. Arrêt ou diminution des mouvements du bébé (pour un bébé qui bouge régulièrement, pas que vous avez senti toquer une fois)
  4. Contractions régulières/qui deviennent très douloureuses (en gros, si vous ne tenez plus debout, il est temps de vous inquiéter)
  5. Œdème accompagné d’une prise de poids rapide
  6. Chute/ choc sur le ventre

En cas de doute (et selon la politique de votre maternité), vous pouvez passer un coup de fil aux urgences pour savoir s’il est vraiment nécessaire de vous déplacer, cela pourra vous permettre d’être rassurée immédiatement en évitant les séances de monitoring (croyez-moi, celles de l’accouchement devraient amplement vous suffire).

En bref : soyez sûr(e/s) de vous parce que personne ne fera aussi bien avec votre enfant (sauf Super Nanny si vous êtes du genre parent-témoin de cette émission, mais j’ai comme dans l’idée que si c’était le cas vous le liriez pas ce blog), restez prudent(e/s) sans tomber dans la psychose. La parentalité c’est parfois suffisamment compliqué, ne vous rajoutez pas de pression inutile, et réglez les problèmes s’ils se présentent par ordre d’urgence/ d’importance. Restez zen: tout va bien.

Comment s’occuper en congé maternité ?

Le congé maternité débute officiellement 6 semaines avant la date de livraison prévue pour votre enfant. Mais celui-ci arrive rarement à l’heure (en général, notons qu’il est plutôt en avance sur le planning). Parfois vous devez patienter jusqu’à une semaine en plus de la date envisagée, et là vous vous rappellerez tous les jours cette phrase de Woody Allen : l’éternité c’est long, surtout vers la fin.

Comment occuper votre congé maternité  ? Plusieurs options s’offrent à vous.

  1. Vous êtes ultra en forme, débordez d’énergie, n’avez aucun problème lié à la grossesse à déplorer (avoir le col « dur et haut » est à ce stade un compliment), avez de la motivation à revendre et pas du tout envie d’arrêter de travailler : pourquoi ne pas repousser un peu la date de votre congé maternité, ce qui vous permettra de repousser d’autant la date de votre reprise du travail et ainsi de passer plus de temps avec votre bébé ? A n’envisager que sous réserve d’un accord médical.
  2. Vous êtes ultra en forme, débordez d’énergie, n’avez aucun problème lié à la grossesse à déplorer : profitez-en pour sortir, voir des expos (votre ventre est un coupe-file merveilleux), faire du shopping pré-naissance, des ballades… attention à bien protéger votre peau du soleil lorsque vous prenez l’air pour éviter les tâches dites « masque de grossesse », et ce en toute saison. Restez toutefois vigilante et mesurée dans vos efforts pour éviter tout risque de prématurité.
  3. Votre grossesse présente des risques modérés, que vous vous sentiez en forme ou non : restez très raisonnable. « Si vous ne participez pas, ou mal, ou insuffisamment, à l’action préventive, vous risquez de le regretter » (Pr Emile Papiernik, Guide de la grossesse). Les risques sont d’autant plus importants que votre grossesse est peu avancée en cas d’accouchement prématuré. On a parfois tendance à l’oublier lorsqu’on est active de nature et qu’on ne présente pas de risques trop importants (cf. votre servante). Soyez très mesurée dans toutes vos dépenses physiques, limitez les déplacements fatigants et notamment la voiture, sachez repérer les positions ou activités fatigantes (bras en l’air –> mauvais, vous avez le droit de faire des lessives mais évitez d’étendre vous-même le linge, par exemple).
  4. Votre grossesse présente des risques forts : dans ce cas, vous avez été arrêtée tôt dans votre grossesse et êtes parfois strictement alitée. Le corps médical vous a indiqué précisément ce que vous aviez le droit de faire ou non. Courage !

Que faire lorsqu’on est confinée chez soi ?

Vous pouvez :

  • Vous organiser des visites à domicile. Précisez à vos invités qu’ils sont les bienvenus surtout s’ils apportent le repas (très apprécié également après l’accouchement). Les meilleures copines du monde pourront organiser chez vous votre Baby Shower arrosée de Champomy – les miennes m’avaient fait cette surprise, j’avais adoré !
  • Faire vos courses à distance : certaines enseignes livrent gratuitement aux femmes enceintes, c’est le moment d’en profiter. Très appréciable, surtout quand on a une consommation d’eau minérale importante.
  • Finaliser votre shopping bébé (pour équiper le bébé, pas le choisir lui sur catalogue, hein ?) : Internet est votre meilleur ami en période de soldes, mais vous trouverez également des promos récurrentes sur certaines sites. Vérifiez en amont que vous pouvez vous faire livrer chez vous (si possible gratuitement) et non en relais-colis. Cela est parfois possible lorsque vous ouvrez une liste de naissance auprès d’une enseigne (ex. Vert Baudet, rien à dire sur la livraison à domicile avec liste de naissance, mais après sa clôture je n’ai eu que des difficultés de livraison avec eux).
  • Sélectionner votre liste de naissance, si vous en faites une : vous pouvez soit partir sur une enseigne en particulier, soit établir une liste complètement ouverte (par exemple sur mesenvies.fr). Pensez en amont à l’équipement que vous souhaitez vous faire offrir (neuf ou occasion ? une marque en particulier ou open-bar ?), voire prêter (mobilier / vêtements), cela vous permettra de sélectionner le format de liste le plus adapté à vos besoins.
  • Parfaire votre culture : Netflix est à vous ! Profitez-en pour vous faire prêtez des DVD (en ce moment, je me tape l’intégrale de Corpus Christi à raison d’une heure par jour, le truc qu’on ne peut faire QUE lorsqu’on est arrêtée ou retraité) ou pour lire La Recherche. Prévoyez vos créneaux de sieste afin de ne pas vous endormir sur votre bouquin. A noter que des films classiques sont (re)diffusés sur Arte en début d’après-midi (mauvaise heure pour la sieste, mais bien pour celles qui piquent du nez à 21h30 devant le film du soir). Notez que vous pouvez aussi choisir le téléfilm de M6 ou la vingt-neuvième rediff d’urgence, c’est à vous de voir :) Vous pouvez consulter le blog de gens coincés chez eux si vous êtes en panne d’idées.
  • Choisir votre faire-part : si vous êtes très manuel(le/s), vous pourrez le réaliser vous-même ; autrement, il existe toutes sortes de sites web qui proposent ce type d’offres. Il existe plein de modèles très laids à votre disposition, si vous voulez du joli j’aime personnellement beaucoup le site fairepartnaissance.fr. Mettez-vous d’accord avec votre conjoint sur le modèle, le texte ; après la naissance, vous n’aurez qu’à compléter les cases manquantes et ajouter des photos (sinon vous pouvez toujours mettre des photos du chat, tout le monde aimant les photos de chat).
  • Finaliser votre play-list maternité : vous aurez sans doute la possibilité d’apporter votre musique (voire même d’accoucher sur l’air des Walkyries, sait-on jamais), ce qui est appréciable pendant le travail mais aussi après la naissance. J’ai passé en boucle des morceaux classiques et des berceuses après la naissance de mon petit garçon, je crois que nous étions assez contents tous les deux de cette ambiance musicale (en revanche, à la maternité je n’ai pas du tout eu envie de regarder la télé).
  • Avancer dans toutes ces tâches pénibles et chronophages qu’on n’a jamais le temps de faire en temps normal : oui, c’est bien le moment de réaliser l’album photos de vos dernières vacances (dernières = depuis 2011).

Si vous n’êtes pas complètement alitée, vous pourrez en outre :

  • Préparer la valise pour la maternité, article à venir sur le sujet bien sûr (spoiler : on parlera même des valises)
  • Préparer le trousseau de votre enfant si vous avez déjà pas mal de vêtements à disposition, les trier par taille (si un body 3 mois vous semble minuscule, rangez-le avec les 1 mois, histoire de pouvoir lui faire porter un peu).

Avec tout ça, vous ne devriez pas ennuyer un seul instant. Profitez de ces derniers moments de calme, après tout est possible, mais rien n’est aussi simple qu’avant !