Nourrir son nouveau-né

En général, on éviter de donner à son nouveau-né du steak-frites. Qu’il soit artificiel ou produit par vos nichons, vous le nourrirez avec du lait, autrement dit vous l’allaiterez – voilà ce que vous pourrez répondre aux vieilles rombières qui ne manqueront pas de vous demander « vous le nourrissez ? » entre deux réponses type « oh non je le laisse de démerder » ou « oui, une fois tous les deux jours ».

Par facilité, utilisons tout de même le terme d’allaitement pour ce qui concerne la production maison. En préambule, j’ai allaité mon fils et compte allaiter mon second enfant, mais je suis convaincue que le plus important est d’avoir en tant que mère un choix absolu en la matière. L’idéal est que votre conjoint, même s’il a une préférence en la matière, vous soutienne à 100% une fois votre décision prise.

Le seul cas où le lait maternel est apparemment nettement supérieur au lait artificiel est celui des très grands prématurés. Or l’allaitement est inévitablement très compliqué (ne serait-ce que d’un point de vue logistique) dans une telle situation. Parlez-en avec l’équipe médicale si vous êtes concernée. Si vous ne l’êtes pas, et que vous êtes vous-même prête à allaiter, vous pouvez envisager de faire don de votre lait – si tout va bien, d’ici quelques semaines je serai en mesure de vous faire un retour sur la question.

Vous ne trouverez pas ici d’arguments du type l’allaitement renforce le lien mère/enfant ou le biberon permet au père d’être plus proche de son bébé : le nourrisson n’étant pas un petit chat, je suis intimement convaincue que les relations entres les parents et l’enfant se tissent autrement que par savoir qui distribue les croquettes lui donne à manger.

En facteur de l’allaitement :

  • Pratique, on peut dégainer n’importe où ;
  • Economique ;
  • Excellent pour la santé – les bébés allaités seraient plus résistants, bénéficiant des anticorps de la mère, et présenteraient moins de risques d’allergie ;
  • La perte de poids après l’accouchement serait facilitée par l’allaitement ;
  • Le lait s’adapte naturellement aux besoins de l’enfant.

Dans les inconvénients :

  • L’allaitement est clairement fatigant ET contraignant ;
  • L’allaitement n’est pas si naturel que cela à mettre en place, il peut être compliqué, voire très compliqué ; il peut également être douloureux, voire très douloureux. La solution : se faire accompagner par un VRAI pro de l’allaitement s’il s’agit d’un problème de méthode, et en plus s’équiper pour limiter/calmer les douleurs (crème, bouts de seins…) ;
  • Vous allez être si ce n’est privée de dessert picole très limitée dans votre consommation. Les aliments qui peuvent compliquer la digestion du bébé sont également peu recommandés, mais pour le coup se passer de chou quelques mois est tout de même nettement plus supportable que s’abstenir de boire du champagne.
  • Votre bébé va dépendre à 100% de vous, donc vous allez être de corvée tout le temps. Deux solutions toutefois : privilégier un berceau co-dodo (vous n’aurez pas besoin de vous lever la nuit) et au bout de quelque temps, si vous le souhaitez, tirer votre lait pour pouvoir confier votre enfant et de quoi le nourrir à quelqu’un pendant que vous allez au ciné ou au spa (fonctionne également la nuit).
  • La nuit, vos nichons coulent. Quand votre enfant pleure, vos nichons coulent. C’est rigolo la première fois, et après vous portez des soutien-gorges/brassières et coussinets d’allaitement 24/24. On a connu plus confortable.
  • Il faut prévoir une phase de transition dite « sevrage » lorsque vous n’assurerez plus vous-même la garde de votre enfant.

En faveur du biberon :

  • Votre enfant n’est certes pas livré avec une batterie chargée, mais il présente une autonomie relative en la matière et peut être confié aux bons soins de vos proches qui auront plaisir à lui donner le biberon (à vous de négocier avec qui de droit pour une nuit complète / une grossse teuf / 2 heures d’absence / une simple sieste, à votre convenance) ;
  • Vous pouvez reprendre la picole / n’importe quel médoc / la cocaïne sans nuire à la santé de votre enfant ;
  • La succion de la tétine est assez intuitive et vous ne devriez pas avoir de difficultés à nourrir votre nouveau-né, dès sa naissance  ;
  • Votre poitrine pourra servir de support à des jeux sexuels, sans risque de projection de lait maternel ;
  • La transition vers un autre mode de garde sera facilitée.

Les inconvénients du lait artificiel :

  • Vous devez impérativement être équipés. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut se limiter à un biberon et un goupillon (ultra utile pour le nettoyage). Le stérilisateur ? Inutile (stérilisez une fois à l’achat et basta). De quoi réchauffer le biberon ? Cela peut-être contraignant, un micro-ondes étant difficilement transportable. Soit vous faites avec et vous vous démerdez sur le tas (au pire avec un évier et de l’eau chaude on peut se débrouiller), soit vous habituez votre enfant à boire à température ambiante.
  • Il faut en acheter, ça coûte cher et évidemment c’est le dimanche soir à 20h que vous réalisez que vous êtes à sec ;
  • Il faut parfois tester plusieurs laits et biberons/  tétines avant de trouver le combo qui convient le mieux à votre enfant ;
  • Ce type de lait ne lui fournira pas d’anticorps ou autre.

Mon conseil : si vous ne souhaitez pas allaiter, soyez sûre de vous et ne vous laissez pas culpabiliser par qui que ce soit. Si vous souhaitez allaiter, mettez toutes les chances de votre côté en vous faisant aider par un pro spécialiste de l’allaitement (type Leache League, mais attention ces gens m’ont tout l’air d’être assez extrémistes en la matière) si vous rencontrez des difficultés ; les sages-femmes/ puériculteurs/ pédiatres sont loin d’être tous des experts en la matière et ne pourrons pas forcément vous aider.

Si vous n’êtes convaincue ni dans un sens ni dans l’autre… et bien, testez, choisissez votre camp, et dites-vous qu’il n’y a pas de mauvais choix. L’important en tant que mère étant de ne pas subir mais de décider ce que vous souhaitez, et surtout de ne pas vous laisser emmerder/culpabiliser ni dans un sens ni dans l’autre.

Publié par

Amandine

Working girl au repos forcé, hyper active et organisée (ne pas confondre avec "control freak"). Aimant les listes (sauf les listes de listes). Ayant survécu à deux accouchements.

Une réflexion au sujet de « Nourrir son nouveau-né »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *