Gérer la transition

Lorsqu’on a eu un bébé, il est souvent d’usage de finir par reprendre le boulot.

On peut en être ravie, parce qu’un bébé au quotidien, c’est usant  ; déprimée, parce qu’on n’a pas envie de le confier à quelqu’un d’autre ni de compter les heures qu’on passera avec lui désormais ; ou ravie et déprimée, parce que passer de tout à presque rien, ou trop peu, ce n’est pas rien.

Pour ma part, aux deux mois et demie de mon aîné, je trépignais d’impatience et j’étais même soulagée par ma reprise (il ne faut pas dire fontaine, mais honnêtement je pense que je ne serai jamais mère au foyer). Ma deuxième vient d’avoir quatre mois et de rentrer en crèche.

Comment se préparer au mieux à cette adaptation ? Tout d’abord, écoutez les professionnels et faites-leur confiance. Ils ont des années d’expérience et savent gérer différents cas de figure. Préparez-vous également à ce que cette période d’adaptation diffère selon les cas : âge de votre enfant, mode de garde (on ne transitionne pas pareil chez une assistante maternelle ou à la crèche), taille de la structure, etc. Prévoyez le temps nécessaire pour cette adaptation, même si les modalités vous enquiquinent ou que ça vous semble uuuultra long.

Gardez à l’esprit quelques petits trucs qui vous aideront à coup sûr – vous et votre bébé.

Pour l’enfant :

  • Idéalement, habituez-le à être gardé par différentes personnes (grands-parents, copains, baby-sitter) en votre présence ET en votre absence. Même une heure (c’est le moment d’aller vous faire faire un massage \o/)
  • Entraînez-le à dormir dans les circonstances auxquelles il sera exposé pendant ses siestes diurnes. Je n’irais pas jusqu’à dire de mettre des hurlements d’enfants en fond sonore, mais si votre bébé sait dormir/s’endormir autrement que dans le calme plat (et le noir complet), cela va grandement lui faciliter la vie.
  • Si vous allaitez exclusivement : passez au moins deux semaines avant le début de la garde au biberon. Ce n’est sans doute pas une vérité universelle, mais j’ai habitué mon aîné au biberon (occasionnel, et de lait maternel) dès ses six semaines, et la transition ultérieure ainsi que le sevrage total ont été très facile.
  • Multipliez (au moins par deux) les doudoux, « objets transitionnels ». Essayez d’en laisser au moins un sur son lieu de garde, pour éviter le drame le jour où votre mec est en formation et ne peut s’absenter et vous en passe de prendre un avion, quand une pétasse puéricultrice vous demander de rapporter le doudou « han vous pouvez pas venir ? Souhaitez bon courage à votre enfant, il va en avoir besoin« 
  • Préparez-lui des photos de la famille à accrocher dans son lit ou sous forme de mini album photo, selon son âge, pour qu’il puisse les regarder quand vous lui manquez (parce que ça va arriver aussi)
  • Expliquez à votre enfant le mode de garde, qui il va retrouver sur place (adultes et enfants), ce qu’il va faire aujourd’hui, qui viendra le chercher et comment vous serez contents de vous retrouver le soir venu.
  • Dites-lui comme c’est super, qu’il va bien s’amuser. Soyez-en persuadé.

Pour les parents :

  • Cf. ce dernier point. A priori, si votre enfant est gardé par quelqu’un d’autre, c’est que cela correspond à un choix de votre part, ou que vous n’avez absolument pas d’autre solution. En bref, assumez ou faites avec, de toute façon c’est comme ça.
  • Faites confiance aux professionnels face à vous. Si ce n’est pas le cas (assistance maternelle douteuse, qui vous accueille la clope au bec en caressant son pitbull du haut de son escalier non sécurisé), changez-en, ET VITE.
  • Regarder la photo de votre enfant X fois par jour est admis (cadre sur votre bureau/ fond d’écran), dans la mesure ou cela ne nuit pas à votre productivité ni ne vous met la larme à l’œil.
  • Regarder la photo de votre enfant pendant que vous tirez votre lait est fortement conseillé (tout va couler de source, si j’ose dire).
  • Laissez vos coordonnées téléphoniques en cas de problème, mais n’appelez pas spontanément. Les gens qui gardent votre enfant ont un vrai travail, ils n’ont pas le temps de rassurer/consoler les parents en plus.
  • Si vous êtes frustré de ne plus passer assez de temps avec votre enfant, tâchez de trouver un nouveau rythme : s’il est crevé par la crèche et fait une nouvelle sieste l’après-midi vous pourrez le coucher un peu plus tard, par exemple. Essayez de reléguer toutes les corvées quotidiennes pour le moment où il sera couché. Organisez-vous au mieux pour passer plus de temps avec lui le matin.

Rappelez-vous que la période de transition est globalement aussi importante pour votre enfant que pour vous. Elle vous prépare aussi au moment où votre enfant ne voudra plus vous donner la main dans la rue / réclamera d’aller dormir chez son ou sa petit(e) ami(e) / vous annoncera qu’il quitte le domicile familial pour aller vivre dans son propre studio. Votre rôle de parent, c’est aussi de l’aider à voler de ses propres ailes, même si cela commence très (trop ?) tôt.

Publié par

Amandine

Working girl au repos forcé, hyper active et organisée (ne pas confondre avec "control freak"). Aimant les listes (sauf les listes de listes). Ayant survécu à deux accouchements.

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