L’instinct maternel

… et l’instinct paternel, dans tout ça ? Parlons plutôt d’instinct parental. Que désigne-t-il, et existe-t-il vraiment ?

Je dirais qu’il recouvre deux choses :

  • La capacité à savoir s’occuper instinctivement de son bébé ;
  • Le fait de l’aimer au premier regard.

Et il me semble que ni l’un ni l’autre ne sont innés (victoire ! vous et moi ne sommes pas de mauvais parents).

Certains parents sont pleins d’amour pour le bébé qui est dans le ventre de sa mère, d’autres ont besoin de faire sa connaissance après sa sortie à l’air libre avant de se projeter pleinement dans cette relation.

Dans tous les cas, l’accouchement peut être une épreuve difficile à traverser qui peut tout changer pour les deux parents, et rajouter un troisième larron dans l’affaire ne simplifie pas la situation. Ce larron, vous l’avez sans doute imaginé, voire fantasmé : et il apparaît devant vous hurlant, couvert de sang ou de vernix, tout gris, chauve. Il ne ressemble pas aux nouveaux-nés dans Urgences. Ou alors il vous semble beau, mais il reste un inconnu.

Peut-être vous sentez-vous submergés d’amour pour ce petit être dès votre rencontre, et ce quelle que soit la relation que vous entreteniez avec lui avant sa naissance. Tout vous semble si facile et naturel que vous ne vous posez même pas la question.

Et peut-être ne ressentez-vous pas cette vague d’amour. A la limite, un lourd sentiment de responsabilité vis-à-vis de cet enfant qui est le vôtre.

C’est tout à fait normal. Cet enfant, vous ne le connaissez pas. Vous allez apprendre à le connaître et à l’aimer en même temps. Vous l’aimerez non pas parce que vous l’avez engendré et lui avez donné naissance, vous l’aimerez pour la petite personne qu’il est déjà et pour celle qu’il est en train de devenir. A votre rythme, apprivoisez-vous. L’Amour viendra.

Quant à savoir s’occuper instinctivement de son nouveau-né… N’oublions pas que les sociétés modernes, jusqu’à récemment, ont été construites sur des modèles de foyers familiaux élargis. La jeune mère (ne parlons que d’elle, puisque de toute façon le père n’était que très peu concerné) n’était jamais seule pour s’occuper de son enfant. Entourée par d’autres femmes, pensez-vous vraiment que la primipare apprenait de façon en autodidacte à nourrir ou langer son bébé ?

Et bien pour vous, c’est pareil, sauf que le vous du XXIème siècle, ce sont les deux parents. Vous allez apprendre avec les autres (personnel de la maternité, potes, grands-parents, Internet…) et aussi seuls en expérimentant. Si vous avez eu l’occasion de vous occuper de bébés avant le vôtre, ces gestes vous semblent peut-être naturels ; si c’est une grande première, il vous faut tout apprendre. Dans tous les cas, très rapidement vous allez  bien connaître et mieux comprendre votre bébé et ses besoins, mieux que personne. Tous les parents se plantent à un moment donné, tous culpabilisent, mais tous font aussi de leur mieux et finissent par trouver des solutions.

Laissez-vous du temps (et il faut avouer que si les nourrissons pouvaient parler, ils nous simplifieraient beaucoup les choses)… et restez zen.

 

Quels soins pour mon bébé ?

Votre bébé va bientôt arriver et vous souhaitez préparer tout ce qui sera nécessaire pour lui prodiguer ses soins au quotidien.

Equipement de base

  • Thermomètre rectal : plus fiable et/ou moins onéreux que les autres types de thermomètres. Vous pouvez privilégier un embout souple si vous avez peur de faire mal à votre bébé. En guise de vaseline, un peu de liniment (cf. ci-dessous) fera parfaitement l’affaire.
  • Brosse à cheveux très douce. Un peigne me semble dispensable, sauf si votre enfant est doté d’une tignasse vraiment difficile à démêler.
  • Ciseaux à ongles : à ne pas utiliser avant environ le premier moisiversaire de votre bébé. Pour les nouveaux-nés qui se griffent, privilégier les moufles ; à partir de quelques jours, une lime à ongle douce règle généralement le cas des Edward aux mains d’argent en herbe.
  • Thermomètre pour le bain : si vous n’en avez pas, plongez le coude dans l’eau et fiez-vous à votre instinct, jeune Padawan. Puis, en cas de doute, on commencera par plonger délicatement un orteil puis un pied de la Chose pour vérifier que la température lui convient.
  • Balance : les premières semaines, il est indispensable de peser régulièrement votre enfant (régulièrement ne signifiant pas après chaque caca mais plutôt toutes les semaines). Les PMI en sont équipées, les sages-femmes également ; si cela ne vous convient pas, je vous recommande d’en louer une auprès de votre pharmacie, c’est typiquement l’objet qui a un rapport coût versus fréquence et durée d’utilisation très faible.
  • Bol plastique : à disposer sur la table à langer et à remplir d’eau. Bien pratique pour un premier passage lorsque vous changez votre bébé, mais vous pouvez également vous contenter de tout faire au liniment (c’est ce que j’ai fait au bout de quelques semaines et je n’ai pas fini de vanter les bienfaits dudit liniment).

Change

  • Liniment oléo-calcaire : LE truc ultra utile pour le change. Plus efficace que l’eau, moins agressif (pour l’environnement mais surtout pour la peau de votre bébé) que les lingettes, faisant office de deux-en-un pour hydrater la peau de votre enfant, je ne lui trouve que des qualités. C’est le produit que vous pouvez acheter sans hésiter en X exemplaires, vous en aurez besoin très longtemps. Il existe du liniment en dosettes de voyage, que je ne recommande cependant pas : utilisez plutôt des petits flacons que vous remplirez régulièrement. Selon la taille de vos flacons, vous partirez en week-end ou pour deux semaines de vacances sans avoir besoin de vous trimbaler une énorme bouteille.
  • Cotons : l’accessoire indispensable pour accompagner le liniment. Veillez à ne jamais être à court de cotons sous peine de vivre une expérience malheureuse. Il existe des cotons lavables mais vu comme un bébé a la capacité à recréer Tchernobyl dans ses couches, j’ai personnellement préféré ne pas tenter l’expérience.
  • Bépanthen : crème pour le change à appliquer dès que votre enfant commence à être irrité. Dans le même genre, il existe également la crème Mytosil, mais qui sent le poisson (je n’ai pas hésité longtemps entre les deux).
  • Couches : jetables ou lavables ? J’étais séduite par le principe des lavables (comportant des voiles de protection jetables pour éviter de mettre littéralement les mains dans le caca), mais elles sont finalement difficilement conciliables avec mon mode de vie. Pensez à qui va garder/ changer l’enfant, votre rythme de lessives (qui va augmenter dès la naissance, c’est certain) et à la vitesse à laquelle le linge sèche chez vous. Si vous optez pour les jetables, vous aurez le choix entre des produits plus ou moins écologiques et agressifs pour la peau de votre bébé – si elle est très irritée, n’hésitez pas à changer de marque. Pour ma part, je me fournis chez les distributeurs, dont les couches font aussi bien le boulot que des Pampers tout en étant deux à trois fois moins chères.
  • Poubelle à couches : en fonction de la disposition de votre foyer, elle sera utile… ou pas. Nous avons opté pour une réserve de sacs en plastique que nous jetons au vide-ordures à chaque couche odorante.

Soins du cordon

  • Des compresses stériles. Elles vous serviront aussi pour nettoyer ses yeux.
  • Une lotion asséchante type Cicalfate ;
  • Un désinfectant type Biseptine.

Vous allez voir, on est HYPER à l’aise avec un nourrisson quand il s’agit de ce type de soins, c’est un bonheur à pratiquer. Deux bonnes nouvelles cependant : ce n’est pas du tout douloureux pour lui, et ça ne dure que l’espace de quelques jours pour vous.

Soins du corps

  • Eau nettoyante. Pratique pour nettoyer le visage, voire le corps de votre bébé si vous n’avez pas le temps de lui donner un bain et qu’il schlingue alors que vos beaux-parents débarquent dans 10 minutes (oui les bébés peuvent sentir mauvais et vous mettre la honte au passage). Peut également s’utiliser pour nettoyer le siège, par exemple pour un premier passage en remplacement de l’eau (mais rien ne remplace le liniment <3 ).
  • Crème hydratante ou lait hydratant : à mon sens, dispensable sauf si besoin d’hydratation spécifique. Vous pouvez vous faire plaisir si vous le souhaitez, mais le liniment (<3²) fait très bien l’affaire. De plus certains bébés y sont allergiques (même aux crèmes pour peaux sensibles… je suis blasée). Demandez des échantillons en pharmacie avant de nourrir l’ours Mustella. Sur mon bébé à moi, la seule crème qui a fonctionné sans empirer la situation est celle pour peaux atopiques Xeracalm de chez Avène.
  • Shampoing/ gel nettoyant : vous trouverez un large choix en la matière. Privilégiez un produit sans paraben, ni savon, ni parfum pour protéger la peau de votre bébé.
  • Huile de massage : dispensable mais agréable si vous souhaitez masser votre bébé. Vous pouvez y aller au feeling ou suivre un cours (si j’ai le temps et le courage, je vous ferais un feed-back là-dessus dans quelques temps).
  • Parfum : le truc le plus inutile du monde à mon sens. Si votre bébé ne sent pas bon, lavez-le (on évitera de pshiter du sent-bon de chiottes sur lui, dans tous les cas). S’il est propre, il sentira bon. Si on vous a offert du parfum pour bébé, gardez-le pour le sniffer en cachette pendant vos périodes de manque quand on vous aurez repris le travail.

Soins ORL

  • Coton-tiges :  à éviter absolument, même ceux avec un embout spécial. Ils peuvent gravement blesser votre enfant. Roulez un coton (ou une moitié de coton) en fusée, humidifiez-le (eau ou sérum phy), c’est le moyen le plus sûr et efficace pour nettoyer les oreilles de votre bébé.
  • Sérum physiologique : parfait pour nettoyer les oreilles et surtout les yeux de votre enfant. Vous en aurez besoin en grande quantité, n’hésitez pas à acheter la dose (en promo sinon c’est du vol).
  • Mouche-bébé : à éviter pour les nourrissons, dont la muqueuse nasale est bien trop fragile. Mais pratique pour les bébés un peu plus grands. Les embouts sont en théorie à jeter après usage, mais sont réutilisables quelques fois si vous les lavez immédiatement après usage. Dans tous les cas, commencer par nettoyer le nez au sérum phy avant (avant quoi  ? osons la vérité : d’aspirer la morve de votre enfant).
  • Pshit pour le nez : quand votre enfant sera plus grand, vous pourrez passer à un pshit nasal, d’autant plus utile qu’il en existe des décongestionnants. L’idéal est que le nez soit déjà propre avant usage (on en revient au sérum phy) pour une efficacité maximale. Sachez que globalement, quand un bébé commence à être malade, il faut lui nettoyer régulièrement le nez, c’est la meilleure façon d’éviter que sa crève évolue.
  • Compresses stériles :  indispensables pour les soins des yeux du nourrisson, ou en cas de problème particulier type conjonctivite. Autrement les compresses normales sont très bien aussi (mais je suis une mère indigne).

Repas

  • Si vous allaitez exclusivement, besoin de rien (envie de toi) pour votre bébé. Je consacrerai un article à l’équipement de la maman allaitante.
  • Lait en poudre : je vous recommande de prendre (au moins dans un premier temps) le même que celui qu’a reçu votre bébé à la maternité. Pas de surprise = pas de problème. En cas de problèmes de digestion, n’hésitez pas à changer de gamme ou de marque (par exemple pour du lait épaissi).
  • Biberons et tétines premier âge : si vous allaitez, tâchez de vous procurer une tétine qui imite le sein pour éviter que votre bébé ne délaisse vos nichons. Dans tous les cas et comme pour le lait, certains problèmes de digestion peuvent être réglés en changeant de modèle – piste à suivre si votre bébé souffre.

Pharmacie

  • Evidemment plus que pour tout autre thème les recommandations de votre pédiatre sont essentielles ici. Je vous recommande de vous créer une petite trousse à pharmacie que vous étofferez au fur et à mesure. Dans tous les cas, si votre bébé présente de la fièvre avant trois mois, pas d’auto-médication : on appelle le médecin.
  • Vitamines D & K : dès la naissance, sur ordonnance et selon prescription.
  • Tétine avec réservoir : utile pour faire avaler un médicament à votre bébé. Elle fonctionnera au moins une fois… pas forcément deux. Si le principe vous plait, tâchez d’y penser en amont, une telle tétine est difficile à trouver en pharmacie.
  • Calmosine :  boisson apaisante qui permettrait d’apaiser les troubles digestifs. Je n’en garantis pas l’efficacité, mais devant un bébé qui souffre, on tente tout ce qu’on peut pour le soulager.
  • Eosine : très utile pour désinfecter et assécher. Existe en dosettes mais c’est ULTRA salissant en plus il y en a toujours trop, je vous recommande la version précis-gouttes (trouvée chez Monop et nulle part ailleurs).
  • Et un peu plus tard, vous pourrez utiliser :
    • Paracétamol : à boire ou en supo, mais cf. ci-dessus : pas d’auto-médication pour les tous petits, attendez le go de votre médecin avant de le faire.
    • Supos / sirop contre la toux : attendez la prescription initiale et le délai recommandé par votre pédiatre, mais cela pourra faire partie de votre pharmacie de base.
    • Ventoline : toujours la même chose concernant les indications de votre pédiatre. Un embout est très utile, voire indispensable, pour les tous petits (à commander en pharmacie, elles n’en ont pas toujours en stock).
    • Camilia : idem que la Calmosine en ce qui concerne l’efficacité. Il s’agit d’homéopathie contre les douleurs dentaires.

Divers

  • Lessive hypoallergénique : nul besoin d’une lessive spécifique pour votre enfant, mais privilégiez un produit doux – et évitez l’assouplissant qui peut être allergisant.
  • Lotion désinfectante : utile avec un nourrisson, si vous êtes malade ou pour vos visiteurs qui sortent du métro – le lavage de mains, c’est très bien aussi, mais on n’a pas toujours un lavabo à proximité.

Voyez-vous d’autres produits ou équipements de soins qui vous semblent utiles ou indispensables ?

Nourrir son nouveau-né

En général, on éviter de donner à son nouveau-né du steak-frites. Qu’il soit artificiel ou produit par vos nichons, vous le nourrirez avec du lait, autrement dit vous l’allaiterez – voilà ce que vous pourrez répondre aux vieilles rombières qui ne manqueront pas de vous demander « vous le nourrissez ? » entre deux réponses type « oh non je le laisse de démerder » ou « oui, une fois tous les deux jours ».

Par facilité, utilisons tout de même le terme d’allaitement pour ce qui concerne la production maison. En préambule, j’ai allaité mon fils et compte allaiter mon second enfant, mais je suis convaincue que le plus important est d’avoir en tant que mère un choix absolu en la matière. L’idéal est que votre conjoint, même s’il a une préférence en la matière, vous soutienne à 100% une fois votre décision prise.

Le seul cas où le lait maternel est apparemment nettement supérieur au lait artificiel est celui des très grands prématurés. Or l’allaitement est inévitablement très compliqué (ne serait-ce que d’un point de vue logistique) dans une telle situation. Parlez-en avec l’équipe médicale si vous êtes concernée. Si vous ne l’êtes pas, et que vous êtes vous-même prête à allaiter, vous pouvez envisager de faire don de votre lait – si tout va bien, d’ici quelques semaines je serai en mesure de vous faire un retour sur la question.

Vous ne trouverez pas ici d’arguments du type l’allaitement renforce le lien mère/enfant ou le biberon permet au père d’être plus proche de son bébé : le nourrisson n’étant pas un petit chat, je suis intimement convaincue que les relations entres les parents et l’enfant se tissent autrement que par savoir qui distribue les croquettes lui donne à manger.

En facteur de l’allaitement :

  • Pratique, on peut dégainer n’importe où ;
  • Economique ;
  • Excellent pour la santé – les bébés allaités seraient plus résistants, bénéficiant des anticorps de la mère, et présenteraient moins de risques d’allergie ;
  • La perte de poids après l’accouchement serait facilitée par l’allaitement ;
  • Le lait s’adapte naturellement aux besoins de l’enfant.

Dans les inconvénients :

  • L’allaitement est clairement fatigant ET contraignant ;
  • L’allaitement n’est pas si naturel que cela à mettre en place, il peut être compliqué, voire très compliqué ; il peut également être douloureux, voire très douloureux. La solution : se faire accompagner par un VRAI pro de l’allaitement s’il s’agit d’un problème de méthode, et en plus s’équiper pour limiter/calmer les douleurs (crème, bouts de seins…) ;
  • Vous allez être si ce n’est privée de dessert picole très limitée dans votre consommation. Les aliments qui peuvent compliquer la digestion du bébé sont également peu recommandés, mais pour le coup se passer de chou quelques mois est tout de même nettement plus supportable que s’abstenir de boire du champagne.
  • Votre bébé va dépendre à 100% de vous, donc vous allez être de corvée tout le temps. Deux solutions toutefois : privilégier un berceau co-dodo (vous n’aurez pas besoin de vous lever la nuit) et au bout de quelque temps, si vous le souhaitez, tirer votre lait pour pouvoir confier votre enfant et de quoi le nourrir à quelqu’un pendant que vous allez au ciné ou au spa (fonctionne également la nuit).
  • La nuit, vos nichons coulent. Quand votre enfant pleure, vos nichons coulent. C’est rigolo la première fois, et après vous portez des soutien-gorges/brassières et coussinets d’allaitement 24/24. On a connu plus confortable.
  • Il faut prévoir une phase de transition dite « sevrage » lorsque vous n’assurerez plus vous-même la garde de votre enfant.

En faveur du biberon :

  • Votre enfant n’est certes pas livré avec une batterie chargée, mais il présente une autonomie relative en la matière et peut être confié aux bons soins de vos proches qui auront plaisir à lui donner le biberon (à vous de négocier avec qui de droit pour une nuit complète / une grossse teuf / 2 heures d’absence / une simple sieste, à votre convenance) ;
  • Vous pouvez reprendre la picole / n’importe quel médoc / la cocaïne sans nuire à la santé de votre enfant ;
  • La succion de la tétine est assez intuitive et vous ne devriez pas avoir de difficultés à nourrir votre nouveau-né, dès sa naissance  ;
  • Votre poitrine pourra servir de support à des jeux sexuels, sans risque de projection de lait maternel ;
  • La transition vers un autre mode de garde sera facilitée.

Les inconvénients du lait artificiel :

  • Vous devez impérativement être équipés. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut se limiter à un biberon et un goupillon (ultra utile pour le nettoyage). Le stérilisateur ? Inutile (stérilisez une fois à l’achat et basta). De quoi réchauffer le biberon ? Cela peut-être contraignant, un micro-ondes étant difficilement transportable. Soit vous faites avec et vous vous démerdez sur le tas (au pire avec un évier et de l’eau chaude on peut se débrouiller), soit vous habituez votre enfant à boire à température ambiante.
  • Il faut en acheter, ça coûte cher et évidemment c’est le dimanche soir à 20h que vous réalisez que vous êtes à sec ;
  • Il faut parfois tester plusieurs laits et biberons/  tétines avant de trouver le combo qui convient le mieux à votre enfant ;
  • Ce type de lait ne lui fournira pas d’anticorps ou autre.

Mon conseil : si vous ne souhaitez pas allaiter, soyez sûre de vous et ne vous laissez pas culpabiliser par qui que ce soit. Si vous souhaitez allaiter, mettez toutes les chances de votre côté en vous faisant aider par un pro spécialiste de l’allaitement (type Leache League, mais attention ces gens m’ont tout l’air d’être assez extrémistes en la matière) si vous rencontrez des difficultés ; les sages-femmes/ puériculteurs/ pédiatres sont loin d’être tous des experts en la matière et ne pourrons pas forcément vous aider.

Si vous n’êtes convaincue ni dans un sens ni dans l’autre… et bien, testez, choisissez votre camp, et dites-vous qu’il n’y a pas de mauvais choix. L’important en tant que mère étant de ne pas subir mais de décider ce que vous souhaitez, et surtout de ne pas vous laisser emmerder/culpabiliser ni dans un sens ni dans l’autre.

Le retour à la maison

Et voilà, vous allez rentrer chez vous, pour la première fois, à trois.

La bonne nouvelle, c’est qu’avant de partir, vous aviez prévu tout l’équipement nécessaire ; mais il reste encore quelques bricoles à régler.

  • Les premiers pas

Il parait qu’il est important de faire faire le tour du (petit) propriétaire. Il y a de grandes chances pour que votre bébé n’en ait cure et préfère somnoler dans vos bras ; néanmoins je trouve l’idée assez sympathique.

S’il y a d’autres habitants dans votre maison, effectuez les présentations (je parle du Chat, pas des amis imaginaires de votre aîné ou des cafards qui infestent votre cuisine) (eurk).

Si vous aviez demandé à votre compagnon de finaliser la chambre de votre enfant/ faire le ménage/sortir les poubelles pendant votre séjour à la maternité et que ce n’est pas fait (ou pas aussi bien que ce que vous auriez fait, vous), lancez-lui un regard désabusé, il devrait percuter et culpabiliser suffisamment pour réagir dans l’instant : installez-vous calmement et confortablement avec votre bébé, et laissez bosser votre conjoint bosser sans hurler ou l’accabler de reproches. Il a peut-être eu besoin de profiter de ses derniers instants de liberté, l’important, c’est qu’il vous soutienne maintenant.

D’ailleurs, à quel moment souhaitez-vous la présence de votre compagnon auprès de vous et de votre nouveau-né ?  En temps que salarié, il a droit à trois jours ouvrés pour la naissance, et onze jours calendaires de congé paternité. Pas facile de savoir en amont à quel moment vous aurez besoin de lui.

Je suis d’avis que si une présence à la maternité les premiers jours est agréable, elle est indispensable à la maison (et d’ailleurs, le premier jour où mon mari est allé bosser après mon retour, j’ai bien cru que j’allais pleurer j’ai pleuré) (on pense qu’on pleure beaucoup enceinte, mais c’est pire après).

S’il ne peut être présent et que vous ne souhaitez pas être seule, c’est le moment de vous faire accompagner au maximum par votre famille ou vos amis s’ils peuvent venir vous voir.

  • Les visites

Normalement, si les sept enfers ne se sont pas déchaînés sur vous à la maternité, vous allez être assaillis de demandes pour rencontrer le divin enfant.

Au passage, vous avez le droit de faire des sourires (crispés) à ceux qui vous diront Bonjour seulement après avoir admiré votre bébé, voire qui ne vous aurons pas dit bonjour du tout (à ce stade, le créateur n’a pas l’importance de sa créature aux yeux de certains). Pensez-y la prochaine fois que vous irez visiter de jeunes parents, on pêche tous par manque d’expérience.

Vous pouvez organiser ces visites en envoyant un mail à vos proches avant votre départ à la maternité. Coupez l’herbe sous le pied de ceux qui ont envie de s’incruster (au hasard, vos parents/ beaux-parents) : ils seront les bienvenus, à partir de J+8 et non à J+2 par exemple ;  précisez quelles sont vos heures préférées pour les visites (à 18 heures, pour l’heure des traditionnels pleurs du soir, on préfère en général être en petit comité quand on se sent parent indigne incapable de consoler son enfant) (ça arrive à TOUT LE MONDE) ; ce qui vous ferait plaisir : que votre invité apporte le repas / fasse une livraison de plats Picard, qu’il vous file un coup de main pour le ménage, voire qu’il garde la Bête pendant que vous vous absentez deux heures (plus facile quand on n’allaite pas) (petite veinarde). Evidemment, tout le monde ne pourra pas vous rendre ce type de service, mais la meilleure façon d’obtenir ce que vous voulez/dont vous avez besoin, c’est de demander, n’hésitez donc pas à le faire.

N’hésitez pas non plus à dire non si la visite ne vous convient pas sur le fond ou la forme. S’il s’agit de très proches type beaux-parents, il est diplomatique de mettre un peu d’eau dans son vin : oui pour qu’ils viennent vous voir, mais s’ils logent à l’hôtel. Si la visite se passe mal (invités qui s’incrustent plus longtemps que prévu / mettent les pieds sous la table en attendant que vous leur serviez un repas trois étoiles), vous avez aussi le droit de les foutre dehors.

  • Les soins

Je reviendrai plus longuement sur la trousse à pharmacie de votre bébé / le nécessaire à soins de votre bébé dans un prochain article (à liste <3).

A noter que vous pouvez demander à une sage-femme de venir vous visiter, très utile si vous êtes en pleine découverte du mode d’emploi du nouveau-né. Prenez contact en amont avec la sage-femme afin de vous assurer qu’elle pourra bien venir à domicile.

  • La nourriture

Si vous avez choisi de ne pas allaiter, essayez de vous procurer le même lait qu’à la maternité, si bien supporté par votre enfant (achetez-le avant l’accouchement ou envoyez votre conjoint s’en charger pendant votre séjour à la maternité, mais ne vous en occupez pas à votre retour).

Si vous allaitez, en théorie c’est plus fastoche : vous n’aurez besoin que de vos nichons. Cependant je vous conseille tout de même d’avoir une boîte de lait en poudre à la maison, au cas où, pour éviter le drame du dimanche soir, 20 heures, en cas de problème. Elle vous servira a minima lorsque vous passerez à l’allaitement mixte (sauf si vous envisagez de nourrir votre enfant au sein jusqu’à sa majorité, là vous pourrez passer directement à la vodka).

Concernant votre nourriture, assurez-vous que le congélateur/ frigo sera bien rempli à votre retour, vous n’aurez pas le cœur à vous préparer un bourguignon juste après avoir accouché (et manger, c’est important).

Vous allez à présenter découvrir la vie à trois (ou plus). Les débuts peuvent être compliqués (remarquez : la suite aussi), ne vous stressez pas/ ne culpabilisez pas, il y a de quoi être très bouleversé par ce changement. Faites de votre mieux, et rappelez vous que tant que tout va bien… tout va bien.

Gérer son stress pendant la grossesse

Tout le monde parle du visage rayonnant des futures mères (ils ne doivent pas avoir vu ma tronche : chaque personne que je croise me dit « ouh, tu as/vous avez l’air fatiguée ») mais personne n’évoque jamais le stress qui peut envahir les futurs parents. Il peut être de plusieurs ordres :

  • Suis-je prêt ? Vais-je réussir à être un bon parent ?

La bonne nouvelle, c’est qu’aucun parent n’est parfait et qu’il y aura forcément un moment (mettons au plus tard, vers les quatorze ans de la créature) où votre enfant vous claquera la porte au nez en hurlant que vous êtes trop nul et qu’il vous déteste parce que vous n’avez même pas voulu lui acheter un scooter.

Chaque parent fait de son mieux, et c’est l’essentiel. N’ayez pas trop de principes immuables, restez calme / expliquez, et tout se passera bien (il est normal que votre enfant vous donne parfois envie de le balancer par la fenêtre, et il est normal qu’il se détache aussi de vous).

Mais lui va-t-il être un bonne personne ? Et si j’enfantais l’Antéchrist? 

Il est sûr que personne n’a envie d’être le parent d’un futur Hitler voire pire, de la prochaine Nabila. Mais j’en reviens aux principes immuables. Identifiez ce qui est important pour vous, vous réussirez à transmettre vos valeurs à votre enfant si elles sont vraiment essentielles à vos yeux et que vous l’éduquez selon ces principes. A la maison, on répète par exemple à notre enfant depuis tout petit qu’il est important de respecter les autres (se faire respecter soi-même va venir, mais là il est encore vraiment trop minus pour saisir le concept).

  •  Et s’il a des problèmes de santé / si la grossesse se passe mal ? 

Je vais vous révéler un truc : ce qui change quand on devient parent, c’est qu’on perd définitivement une forme d’insouciance. Dès qu’il sera là, on se préoccupera toujours de la santé et du bien-être de son enfant.

Identifiez ce qui est potentiellement grave (évitez Doctissimo qui vous fera déceler des tumeurs du cerveau à chaque clignement d’œil de votre progéniture) (je vous ferai bien sûr une liste à ce sujet avec les motifs de consultation en urgence pour un nourrisson) et lâchez du lest sur le reste. Les bobos se soignent, ce qui est plus grave souvent aussi. Ne pensez pas à tout ce qui pourrait arriver, parce que d’une part cela arrive très rarement (comptez sur votre bonne étoile et tâchez d’avoir un karma nickel), et d’autre part parce que dans les situations extrêmes, vous ne savez pas comment vous pourrez réagir. Vous n’aurez simplement pas d’autre choix que de gérer.

J’ai un respect infini pour les parents qui ont connu des drames avec leurs enfants. J’estime qu’une partie de ce respect est aussi de ne pas me mettre à leur place et de profiter que tant que ce qui n’arrive n’est pas grave, tout va bien (et je répète encore aujourd’hui beaucoup cette phrase à mon enfant comme une mantra).

Pendant la grossesse, identifiez les motifs de consultation d’urgence, qui sont en gros les suivants (ils ne signifient pas forcément qu’il y a un problème, mais qu’il est prudent de vérifier sans attendre que tout va bien) :

  1. Perte de liquide / perte de sang
  2. Fièvre supérieure à 38°
  3. Arrêt ou diminution des mouvements du bébé (pour un bébé qui bouge régulièrement, pas que vous avez senti toquer une fois)
  4. Contractions régulières/qui deviennent très douloureuses (en gros, si vous ne tenez plus debout, il est temps de vous inquiéter)
  5. Œdème accompagné d’une prise de poids rapide
  6. Chute/ choc sur le ventre

En cas de doute (et selon la politique de votre maternité), vous pouvez passer un coup de fil aux urgences pour savoir s’il est vraiment nécessaire de vous déplacer, cela pourra vous permettre d’être rassurée immédiatement en évitant les séances de monitoring (croyez-moi, celles de l’accouchement devraient amplement vous suffire).

En bref : soyez sûr(e/s) de vous parce que personne ne fera aussi bien avec votre enfant (sauf Super Nanny si vous êtes du genre parent-témoin de cette émission, mais j’ai comme dans l’idée que si c’était le cas vous le liriez pas ce blog), restez prudent(e/s) sans tomber dans la psychose. La parentalité c’est parfois suffisamment compliqué, ne vous rajoutez pas de pression inutile, et réglez les problèmes s’ils se présentent par ordre d’urgence/ d’importance. Restez zen: tout va bien.