Choisir sa maternité

Vous êtes enceinte et il est temps de penser à choisir votre maternité.

Mais « il est temps », c’est quand ? Tout dépend de votre lieu d’habitation et de l’attractivité de la maternité choisie : certaines sont très demandées et affichent rapidement complet.

Donc en gros, si vous voulez LA maternité près de chez vous en région parisienne, (pré-)inscrivez-vous dès que possible lorsque vous découvrez votre grossesse  ; si vous êtes dans un coin plus calme en lorgnant sur un immense CHU, vous avez quelques mois avant de passer à l’action. Le mieux en cas de doute est de poser la question à votre gynéco ou directement à la maternité .

En premier lieu, pensez à la distance qu’il vous faudra parcourir pour atteindre les locaux, ainsi qu’au temps de trajet (traverser l’agglomération en heure de pointe n’est pas forcément l’idée du siècle).

Il existe trois types de maternités : I, II et III selon les dispositifs médicaux existants. Grosso modo, le type I est suffisant pour les accouchements normaux, par voie basse ou en césarienne (en cas de problème un transfert peut toujours être organisé évidemment) ; le II est indispensable en cas de grossesse à risque ; le III comporte un service de réanimation néo-natale.

Les maternités peuvent être publiques ou privées ; dans ce dernier cas, renseignez-vous en amont sur les tarifs et la hauteur de la prise en charge des frais par votre mutuelle histoire de ne pas risquer l’infarctus juste après l’accouchement. Les avantages du privé : vous pourrez (théoriquement) choisir qui vous accouche, et le confort y est optimal (repas, chambre individuelle…). Les cliniques privées sont le plus souvent des maternité de niveau I.

Vérifiez en amont la composition de l’équipe médicale : sage-femme, aide-soignant, gynécologue obstétricien, anesthésiste-réanimateur et pédiatre en sont la base (même si vous ne verrez peut-être que les deux premiers profils). Je vous recommande de choisir une maternité dans laquelle les trois types de médecins sont présents 24 heures sur 24, ce qui dépend directement du nombre d’accouchements réalisés à l’année dans une maternité (pour les maternités où moins de 1500 accouchements sont réalisés par an, ils sont d’astreinte et doivent tout de même être disponibles en moins de 20 minutes en cas de besoin).

Ce critère me semble bien plus important que les deux précédents. Pour ma part, j’ai choisi une « grande » maternité, publique et de type II. C’était parfait (sauf les 35 heures de travail… je vous raconterai un jour) (après votre propre accouchement de préférence).

Après viennent d’autres critères, plus idéologiques ou relevant de questions de confort ou praticité. Oui, certaines maternités publiques sont vétustes, les repas y sont médiocres : enfin on vient là pour accoucher, pas en vacances, et si vous n’aimez pas la nourriture, profitez-en pour vous faire livrer des sushis à par vos proches à chaque repas (il est temps de se venger de 9 mois d’abstinence). Si cela est important pour vous, vérifiez que des chambres individuelles sont disponibles, et le cas échéant que le papa peut rester avec vous. Tip : s’il y a un nombre de chambres individuelles limité, entre la patiente pénible et la polie et sympa qui en réclame une, devinez à qui elle sera attribuée ?

Un autre aspect me semble plus important : vous souhaitez absolument allaiter, ou au contraire le refusez catégoriquement. J’aimerais croire qu’au XXIème siècle ce choix relève de chaque femme et qu’elle est soutenue quelle que soit sa décision par l’équipe médicale. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas dans un sens ou dans l’autre. Essayez de vous renseigner sur la « politique » de la maternité en la matière, sachant qu’en fin de compte ce sont des individus qui seront face à vous et que vous pourrez toujours avoir une bonne ou mauvaise surprise.

Dans la même veine, vous pouvez vous renseigner sur le taux d’épisiotomies et de césariennes réalisées annuellement, afin de savoir si vous avez affaire à une équipe qui coupe systématiquement ou essaye de trouver d’autres solutions avant de trancher dans le vif , sachant que parfois des césariennes dites « de confort » peuvent également être réalisées à la demande de la mère – si vous souhaitez accoucher ainsi, posez la question en amont.

Enfin certaines maternités proposent des services notamment de préparation à l’accouchement plus ou moins développés : cours d’aquagym pour la préparation, baignoire disponible sur place pour vous aider durant le travail, etc.

Quel que soit votre choix (ou votre non-choix si vous vous réveillez un peu tard), tâchez d’avoir un état d’esprit positif et rappelez-vous que le plus important sera bien d’accoucher en bonne santé (ou bien prise en charge) d’un bébé en bonne santé (ou bien pris en charge). Le reste n’est que littérature.

Se faciliter les démarches administratives

Si tel Thomas Thévenoud* vous êtes allergique aux démarches administratives, j’ai une bonne nouvelle pour vous : avec la naissance de votre enfant, vous allez être obligé de vous y mettre pour de vrai (à moins que vous teniez à ne pas inscrire votre enfant à la sécu ou vous couper d’alllocs, si vous y avez droit…).

Pendant la grossesse, vous aurez un certain nombre de démarches à faire type sécu/CAF/employeur. Je vous conseille de garder dans un dossier tous les documents, y compris une copie de courriers que vous avez envoyés avec la date d’envoi (bien que JAMAIS un organisme ne perde ce type d’échange, hein, bien sûr). Bon là c’est encore plutôt facile.

Le niveau expert, c’est après la naissance : là il faut tirer vite et bien.

Quels sont les démarches à effectuer ?

Dans les trois jours :

  • La déclaration en mairie, sauf si un officier d’état civil passe dans votre maternité (attention, hors Paris intra muros c’est plutôt rare à ma connaissance). Vérifiez bien que l’état civil de votre enfant est correct, tout changement ultérieur sera pénible et coûteux. Si vous accouchez dans une autre commune que la vôtre, repérez en amont l’adresse et les horaires d’ouverture de la mairie histoire de vous éviter une déconvenue… vous récupérerez alors des actes de naissance, utiles voire indispensables pour les autres démarches.

Et sans tarder :

  • La demande de rattachement sécurité sociale. Pensez à mettre à jour votre carte vitale dans la foulée.
  • CAF : la déclaration en ligne est possible si vous êtes déjà allocataire.
  • Employeurs des deux parents pour faire valoir vos droits respectifs
  • Mutuelle : anticipez avant la naissance à quelle(s) mutuelle(s) vous affilierez votre enfant, si vous en avez tous les deux une (coût adhésion « famille » versus remboursement)

Éventuellement et selon votre situation, prévoyez les autres démarches type crèche : dans ma commune, le délai est d’une semaine après la naissance pour finaliser l’inscription.

Pour se faciliter la vie après la naissance (aka ce moment où quand votre bébé sera tranquille, vous aurez envie de tout sauf de vous coltiner de la paperasse), vous pouvez pré-remplir les formulaires à votre disposition, préparer les enveloppes pré-timbrées et afficher une to do list avec échéances associées pour le papa qui fera les premières démarches – au minimum pour la mairie en tout cas.

Si à la lecture de cet article, vous n’êtes pas pris d’une phobie administrative, je vous félicite. Si vous l’êtes : respirez un grand coup, tout va bien se passer.

* triste exemple de politicien ayant traversé l’an de grâce 2014 en étoile filante